L’Évangile tel qu’il m’a été révélé

Jésus dit:
“Cet ouvrage, c’est moi.
Non seulement c’est moi qui l’ai dicté et expliqué, mais c’est moi qui le vis,
qui me présente à vous tel que j’étais quand j’étais un mortel”

Les Cahiers de 1945-1950, 18 février 1947

Parmi les écrits de Maria Valtorta, l’œuvre principale est publiée en dix volumes et s’intitule: L’Evangile tel qu’il m’a été révélé.

L’œuvre raconte la naissance et l’enfance de la Vierge Marie et de son fils Jésus (écrite en grande partie pendant la guerre), les trois années de la vie publique de Jésus (qui constituent la majeure partie de l’œuvre), sa passion, sa mort, sa résurrection et son ascension ainsi que les origines de l’Eglise et l’assomption de Marie.

D’un très haut niveau littéraire, l’œuvre nous peint les paysages, l’atmosphère, les personnages et les événements avec beaucoup de relief. La description des caractères et des situations témoigne d’une grande maîtrise de l’introspection; les joies et les drames semblent racontés par quelqu’un qui les a vraiment vécus; elle nous informe sur le contexte, les coutumes, les rites et la culture d’une époque avec des détails qui sont irréprochables. A travers le récit captivant de la vie terrestre du Rédempteur, riche en discours et en dialogues, elle illustre toute la doctrine du christianisme conformément à l’orthodoxie catholique.

Recensioni in evidenza

Il y a treize ans de cela, je te scellais sous le poids de l’infirmité, brisant ainsi en toi toute parole et toute activité.
Des années durant, tu as dû sauver par la souffrance.
Puis j’ai fait de toi une fontaine pour sauver par la Parole. J’ai fait de toi un “porte-parole”.
Aujourd’hui, ma violette cachée, je t’autorise à disposer de tout ce que tu as vu et entendu,
avec prudence mais sans avarice, dans la sainteté et dans un but saint.

Les Cahiers de 1945-1950, 18 décembre 1945

La rédaction de l'ouvrage

Maria Valtorta écrivit cette œuvre de 1944 à 1947. Certains des derniers épisodes datent de 1951.

Elle ne procédait pas toujours selon l’ordre narratif. Parfois, obéissant à des exigences spirituelles contingentes, elle devait écrire un ou plusieurs épisodes sans respecter la linéarité du récit et par la suite Jésus lui indiquait où il fallait les insérer. Malgré cette discontinuité sporadique dans la narration et malgré l’absence de plans préparatoires, écrits ou pensés, l’œuvre présente, du début à la fin, une structure parfaitement organique.

En outre Maria alternait la narration sur L’Evangile avec des pages traitant de sujets divers qu’elle écrira de 1943 (juste après avoir terminé son Autobiographie) à 1950. Ces écrits constituent le corpus des œuvres mineures publiées en cinq volumes: trois volumes de mélanges intitulés Les Cahiers (respectivement 1943, 1944 et 1945/50) qui traitent de sujets ascétiques, bibliques, doctrinaux, de chroniques autobiographiques, de descriptions de scènes évangéliques et de martyre des premiers chrétiens; un volume intitulé Le livre d’Azarias qui contient des commentaires des textes (évangile exclu) du missel traditionnel des fêtes et un volume de Leçons sur l’épître de Saint Paul aux Romains.

D’autres écrits, restaient inédits pendant longtemps, ont été recueillis et publiés dans “Les Carnets”. Sa correspondance est publiée dans les livres Lettere a Mons. Carinci, Lettere a padre Migliorini et Lettere a Madre Teresa Maria (en 2 tomes).

Les traductions

Actuellement les écrits de Maria Valtorta sont traduits en 27 langues du monde entier. Principalement l’œuvre majeur (intégralement ou partiellement), per intero ed anche, in tutto o mais aussi les œuvres mineures.

Au total, il existe un peu moins de 30 langues:

Albanaais, arabe, arménien, tchèque, chinois,
coréen, croate, français, japonais,
indonésien, anglais, lituanien, malayalam,
hollandais/flamant, polonais, portugais,
roumain, russe, rwandais, slovaque,
slovénien, espagnol, swahili, tamil,
allemand, ukrainien, hongrois, vietnamien.

La façon d’écrire de Maria

Maria Valtorta écrit presque chaque jour depuis que, le 23 avril 1943, le Vendredi saint, elle eut la première « dictée » du Seigneur, jusqu’en 1947 et de manière intermittente les années suivantes jusqu’en 1951. Elle remplit 122 cahiers (en addition des 7 autres de l’Autobiographie), pour un total de presque 15 000 pages manuscrites.

Elle écrivait en étant assise dans un lit, en tenant le cahier sur ses genoux, en s’appuyant sur un dossier fait de ses mains, et en utilisant un stylo-plume. Elle ne préparait pas de plans, elle ne savait même pas ce qu’elle allait écrire jour après jour ; parfois, elle ne comprenait pas le sens profond de certaines pages qu’elle écrivait et elle ne se relisait pas pour se corriger. Elle n’avait pas besoin de se concentrer ou de consulter des livres, à l’exception de la Bible et du Catéchisme de Pie X. On pouvait l’interrompre même pour des futilités et elle reprenait ensuite son propos sans perdre le fil de son récit ; même les phases aiguës de sa souffrance quotidienne ou le besoin urgent de se reposer ne l’arrêtaient pas. En tant qu’écrivaine talentueuse, elle participait de toutes ses forces à l’écriture qui naissait spontanément de sa plume.

On pouvait comprendre que, ayant fini d’écrire un bel épisode ou une leçon édifiante, elle appelait Marta pour le lui faire écouter, la soustrayant à ses tâches ménagères. Elle aurait ensuite revu les copies dactylographiées du Père Migliorini, qui prenait chaque cahier autographe au couvent et le lui rendait après avoir retranscrit fidèlement celui-ci.

Son occupation en tant qu’écrivain à plein temps ne l’aliénait pas du reste du monde. Maria Valtorta lisait le journal, écoutait la radio, recevait quelques visites, écrivait des lettres, suivait les événements et commentaient ceux-ci avec perspicacité. Elle faisait également elle-même les tâches ménagères qu’elle pouvait faire sans bouger de son lit, comme nettoyer les légumes ou nettoyer la cage des oiseaux. Douée pour tout, elle savait utiliser avec habilité l’aiguille, le crochet et la dentelle au fuseau. Tout ce qu’elle pouvait faire, elle le faisait par elle-même.

Surtout, elle priait et elle souffrait, en prenant soin de ne pas le montrer. Ses prières et ses extases, documentées dans ses écrits, n’ont pas été l’objet de témoins. Protégée par une apparence saine, elle ne révélait pas ses souffrances qu’elle embrassait avec une joie spirituelle et qu’elle offrait pour le salut des âmes. Elle semblait normale en toute chose, même lorsqu’elle mangeait : elle le fait avec une grande parcimonie, mais avec goût. Quelques fois, elle chantait : elle avait une belle voix.

Le titre

L’Évangile de Jésus tel qu’il a été révélé au petit JeanL’Évangile de Jésus tel qu’il a été révélé au petit Jean est le titre original de l'œuvre. Une révélation privée est crédible si elle est conforme et subordonnée à la Révélation publique. L'appellation donnée à Maria Valtorta [1] est comme le certificat de conformité à l'esprit du quatrième évangéliste, qui domine dans la relation entre le «grand» et le «petit» Jean.

Paroles de vie éternelle est le titre que l'ouvrage aurait eu s'il avait été publié par une maison d'édition spécialement conçue (1948), mais pas aboutie, entre quelques laïcs en collaboration avec deux religieux.

La tragédie divine est le titre donné à l'œuvre par Maria Valtorta et Michele Pisani dans le contrat signé à Viareggio le 6 octobre 1952. Dans les intentions non formalisées de l'écrivain et de l’éditeur, il s’agissait d’un titre temporaire, juste pour commencer la composition typographique de l'ouvrage, dont le titre définitif aurait été établi lors de la mise sous presse du premier volume.

Le poème de Jésus est le titre suggéré par un admirateur de l’Œuvre (Nicola Pende) faisant autorité. Approuvé par l'écrivain et l'éditeur, le titre a figuré sur le premier volume, mais a dû être modifié car une maison d'édition a revendiqué son usage exclusif pour l'avoir mis sur un livre en vers déjà publié.

Le poème de l’Homme-Dieu est le titre modifié. Il est apparu sur la première édition de l'Œuvre en quatre volumes (1956-1959), par un auteur anonyme puisque Maria Valtorta ne voulait pas que son nom apparaisse de son vivant. Le même titre a été mis sur la nouvelle édition en dix volumes (1961), suivi des mots "Écrits de Maria Valtorta", puisque le premier des dix volumes est sorti l'année de la mort de l'écrivain.

El Hombre-Dios est le titre réduit que l'édition de l'ouvrage en espagnol a dû prendre pour éviter l'ambiguïté du terme "poème". Le même problème se serait posé lors des traductions dans d'autres langues.

L’Evangile tel qu’il m’a été révélé est le titre de l’édition de l’œuvre en français. L'auteur de la traduction (Félix Sauvage) n'avait autorisé la publication de son travail que si l'éditeur mettait un titre conforme à l'original italien. Formulé à la première personne dans la version française, le titre est précédé du nom de Maria Valtorta. Elle déclare ainsi ne pas en être l’auteur, dans le plein sens du terme, mais qu’elle a écrit avec ses propres capacités ce qu’elle a vu et entendu par révélation.

L’Evangile tel qu’il m’a été révélé, précédé du nom de Maria Valtorta en tant qu'auteur, est le titre apposé sur l'édition italienne originale traduit du français après quatorze ans de diffusion en cette langue. Pouvant être traduit sans difficulté dans n'importe quelle langue, il est devenu le titre de toutes les versions de l'ouvrage. C'est le titre définitif.

Les 7 parties de l’œuvre

  1. Naissance et vie cachée de Marie et de Jésus
  2. Première année de la vie publique de Jésus
  3. Deuxième année de la vie publique de Jésus
  4. Troisième année de la vie publique de Jésus
  5. Préparation à la Passion de Jésus
  6. Passion et mort de Jésus
  7. Glorification de Jésus et de Marie + L’adieu à l’ouvrage

7 parties - 652 chapitres en 10 tomes

L evangelo come mi è stato rivelato

Cahiers
Pages manuscrites
calendrier d'écriture en années
Tomes
traductions de l'œuvre

Le genre littéraire de l’Œuvre de Maria Valtorta

Est‑il possible de définir le genre littéraire de l’Œuvre de Maria Valtorta ? Tentons de le comprendre en partant d’une expression de ses lecteurs, la plus simple et la plus habituelle : “ Ça se lit comme un roman. ”

Un roman ? Certainement, du moins comme point de départ. Il s’agit, en réalité, d’une ample composition narrative, dont la longueur (5 000 pages, dix volumes) ne parvient pas à freiner la lecture fluide. Certes, nous le savons, certains s’arrêtent aux premières pages, ou parcourent ici et là un volume pris au hasard, pour aussitôt le refermer et le reposer, avec les autres de la série, sur les rayons de la librairie. Mais à l’opposé, combien reprennent la lecture de l’Œuvre entière et ne s’en détachent pas, parce qu’ils sentent le besoin d’en être nourris continuellement ! Il arrive même que des personnes qui l’avaient refusée après un rapide essai, en apparence insipide, et qui l’avaient longtemps regardée comme un bibelot, en deviennent plus tard des lecteurs assidus. Un mélange de préjugé envers tout ce qui a un goût de surnaturel et de découragement devant la masse des dix volumes peut constituer un frein à la disponibilité du lecteur, jusqu’à ce qu’on découvre que cette œuvre monumentale… se lit comme un roman.

Ce n’est donc pas la relative brièveté ou longueur qui donne son attrait à un roman, plutôt la trame d’un récit passionnant et bien écrit. Si ces deux adjectifs sont présents dans l’Œuvre de Maria Valtorta, son récit peut être comparé à un agréable roman.

Suivant le fil conducteur d’un scénario ordonné propre à un roman, l’Œuvre de Maria Valtorta reprend et développe la matière, concise et arrangée par épisodes, d’un produit littéraire que tous connaissent déjà peu ou prou, et dont personne ne peut prétendre qu’il n’en a jamais entendu parler : l’Evangile. 

Il s’agit de l’histoire du Christ, un sujet qui n’a jamais manqué d’intéresser, de fasciner, ou simplement d’exciter la curiosité. 

LE COMPTE SCIENTIFIQUE

Il faut cependant établir si la trame d’un ouvrage qui le propose de manière tellement ample se fonde sur des éléments imaginaires, comme s’il s’agissait de former une sorte de roman de fantaisie, ou sur des données qui ont un support scientifique, comme c’est le cas d’un bon roman historique.

La science de l’auteur d’un roman historique doit pouvoir embrasser les connaissances les plus disparates, de manière à reconstruire avec fidélité l’ambiance d’une époque, peuplée de personnages et animée d’événements. En établir la liste comporterait le risque d’omissions involontaires. A titre d’exemple, il s’agit de connaître une culture, une civilisation, des us et coutumes, des mentalités, des comportements, des sites topographiques et archéologiques, il faut être compétent en matière de climat, de botanique et de tout ce qui constitue l’essence ou la toile de fond de l’histoire que l’on veut raconter.

Servons‑nous encore d’exemples pour procéder à un examen scientifique de l’Œuvre de Maria Valtorta, que nous venons de traiter comme un roman historique. Voici ce que disent certains experts sur ses particularités qui relèvent de la science, et non de la science‑fiction :

Vittorio Tredici

Vittorio Tredici (1892‑1967) était un minéralogiste de grande expérience, qui a entrepris des recherches pour le compte de sociétés minières et qui s’est spécialisé dans l’étude des phosphates en Transjordanie. Nous reprenons les passages les plus spécifiques de son compte rendu sur l’Œuvre de Maria Valtorta qui relèvent de sa compétence.

Ce qui m’a le plus profondément marqué dans l’Œuvre, d’un point de vue critique, c’est la parfaite connaissance qu’avait l’écrivain de la Palestine et des lieux où s’est déroulée la prédication de notre Seigneur Jésus‑Christ. A certains passages, elle dépasse la connaissance géographique et panoramique normale, pour devenir même topographique et, plus encore, géologique ou minéralogique. Sous cet angle, et surtout dans la région de Transjordanie (l’actuelle Jordanie), il n’existe — à ce que j’en sais — aucune publication détaillée au point de permettre, même à un scientifique qui ne soit pas allé sur le site, de pouvoir imaginer et décrire des parcours entiers avec une perfection telle, qu’elle laisse perplexes ceux qui, au contraire, en ont eu la possibilité.

Pour ma part, j’ai parcouru la Palestine, la Jordanie et d’autres pays du Moyen‑Orient au cours de nombreux voyages. J’ai particulièrement séjourné en Jordanie, pour des recherches minières, donc j’ai pu voir et suivre d’un œil attentif ce que les publications anglaises (sommaires et peu précises, mais ce sont les seules qui existent en la matière pour cette région) ne peuvent offrir, pas même de loin.

Eh bien, je peux déclarer en toute conscience que, à la lecture de la description faite dans L’Evangile tel qu’il m’a été révélé de l’un des voyages de Jésus Christ de l’autre côté du Jourdain, jusqu’à Gérasa, j’ai parfaitement reconnu le parcours de Notre Seigneur, grâce au vif souvenir qui me revenait à l’esprit au fil des pages. J’ai reconnu la description qui en était faite avec une telle précision que seuls ceux qui pouvaient voir les lieux ou les avoir vus étaient en mesure de les dépeindre ! Mais ma surprise s’est accentuée lorsque, en continuant ma lecture, je suis tombé sur une déclaration de caractère minéralogique, à propos de veines saillantes dans la roche semblables à du granite, mais qui, en fait, ne sont pas du granite mais du calcaire ! Je déclare que seul un expert aurait pu établir une telle distinction sur le site ! Plus loin, j’ai lu que, sur la hauteur qui en est peu éloignée, avant de reprendre la légère descente vers Gérasa, se trouve une petite source où Notre Seigneur Jésus Christ s’est brièvement arrêté avec la caravane pour prendre une collation. Je pense aujourd’hui que cette source, qui existe bien, a un débit si modeste que, même en passant à côté, elle aurait échappé à quiconque n’y aurait pas été attentif.

L’écrit que nous venons de citer en partie, date de 1952.

Nicola Pende

 L’Œuvre de Maria Valtorta n’était pas encore publiée, et elle venait d’être portée à la connaissance, sous forme de copie dactylographiée, à quelques personnes faisant autorité, tant ecclésiastiques que laïques. Parmi elles, pour passer à un tout autre genre de science, nous choisissons maintenant Nicola Pende (1880‑1970), médecin de renommée mondiale, considéré comme un chef d’école dans le domaine de l’endocrinologie et de la pathologie constitutionnelle. Voici les passages les plus intéressants de son article de cinq fiches manuscrites : 

… moi, qui m’occupe, avec mes modestes forces, des caractéristiques humaines de Jésus telles que les évangiles nous les révèlent, moi qui peux les voir en tant que biologiste chrétien, je dois affirmer que j’ai retrouvé dans les écrits de Maria Valtorta cette humanité de Jésus : non seulement elle correspond dans ses traits essentiels à ce que les quatre évangélistes nous en disent, mais elle est gravée et illuminée encore plus profondément et de manière encore plus détaillée, à tel point qu’on peut dire que Maria Valtorta remplit par ses écrits les lacunes de la vie humaine du Rédempteur…

Mais pour moi qui suis médecin, ce qui a suscité ma plus grande admiration et mon émerveillement devant la compétence avec laquelle Maria Valtorta décrit une phénoménologie que quelques rares médecins chevronnés sauraient exposer, c’est la scène de l’agonie de Jésus sur la croix. Les spasmes la plus atroce souffrance du Rédempteur en raison de ses blessures à la tête, aux mains et aux pieds, qui supportaient dans ses plaies le poids du corps provoquent, dans le récit de Maria Valtorta, des contractions toniques du corps entier, des raidissements tétaniformes du tronc et des membres. Si ces spasmes sont l’expression de la plus grande douleur physique produite par la plus grande des tortures, ils n’obscurcissent ni la conscience ni la volonté du mourant. Et tout le cycle phénoménique de l’agonie de Jésus, tel qu’il est décrit dans cet ouvrage, montre ce qu’a été l’immense douleur du corps qui a arrêté la respiration et le cœur du Fils de l’homme. La plus grande pitié, l’émotion la plus profonde envahissent le lecteur chrétien à la lecture de cette page étonnante, au style vraiment médical, du manuscrit de Maria Valtorta.

Ugo Lattanzi

C’est de sa science personnelle qu’un écrivain historique tire sa capacité à entrer dans la psychologie des personnages qu’il fait revivre à leur époque, imprégnée d’une culture à redécouvrir. Nous citons de brefs passages des articles de deux prélats relatifs à cet aspect de l’Œuvre de Maria Valtorta.

Ugo Lattanzi (1899‑1969) est humaniste et docteur de théologie fondamentale à l’Université Pontificale du Latran : 

Ces volumes contiennent des pages vraiment splendides par la pensée et par la forme, des descriptions de situations psychologiques dignes de Shakespeare, des dialogues menés à la manière de Socrate, dignes de Platon, des descriptions de la nature et de milieux dignes de l’écrivain le plus imaginatif.

Maurizio Raffa

Maurizio Raffa (1906‑1957) est éclectique, et c’est le fondateur et le directeur du “ Centre international de comparaison et de synthèse ”, où l’on confrontait des cultures de diverses sciences: 

… j’y ai trouvé d’inégalables richesses. Tous les personnages peints dans ces pages mènent une vie avec des caractéristiques incomparables. Le langage de la nature est toujours majestueux et il exalte la gloire de Dieu. Si je devais porter un jugement sur la valeur intrinsèque et esthétique de l’Œuvre, j’observerais que, pour écrire un seul des nombreux volumes qui la composent, il faudrait un Auteur (qui aujourd’hui n’existe pas) qui soit en même temps un grand poète, un bibliste de valeur, un profond théologien, un expert en archéologie et topographie, et un profond connaisseur de la psychologie humaine.

Jean-François Lavère & Liberato De Caro

Les multiples compétences que l’écrivain Maria Valtorta manifeste dans son Œuvre sont donc si exceptionnelles qu’elles ne trouvent aucune correspondance chez quelque auteur de notre temps que ce soit, et peut‑être même de tout temps. C’est ce qu’est en train de démontrer un spécialiste particulièrement compétent, le Français Jean-François Lavère, dont les recherches permettent de certifier, non seulement le bien‑fondé des données de toute espèce fournies par les descriptions, les discours et les dialogues de l’Œuvre, mais aussi la parfaite concordance des informations avec ce que nous apprend l’Ecriture sainte.

Jean‑François Lavère rend compte de son travail dans les volumes intitulés L’Enigme Valtorta. Ils sont publiés par le Centro Editoriale Valtortiano, en même temps que les livres I cieli raccontano, où Liberato De Caro, un physicien et chercheur au Conseil National des Recherches italien mène une enquête historique sur Jésus dans l’Œuvre de Maria Valtorta en se servant de l’astronomie. Lui aussi a fait des découvertes inattendues, surtout en ce qui concerne la datation des événements. Les deux spécialistes (le premier en France, le second en Italie) se confrontent à distance en un débat dans lequel s’insèrent, grâce à l’informatique, certains lecteurs de Maria Valtorta qui se révèlent compétents en la matière. 

L’intérêt scientifique pour l’œuvre de Maria Valtorta a élevé le niveau des études publiées ici ou là après les articles historiques des années cinquante. 

Ces derniers, tous très favorables à la substance de l’Œuvre de Maria Valtorta, exprimaient quelques réserves sur la forme, qui est l’autre élément à prendre en considération pour évaluer un bon roman. Voici ce qu’écrivaient certains de ces érudits après avoir motivé leur appréciation sur la valeur intrinsèque de l’ouvrage :

  • … il me semble que l’Œuvre, dûment abrégée, purgée et corrigée, pourrait faire beaucoup de bien aux familles catholiques…Agostino Bea S. J., recteur de l’Institut Biblique Pontifical, puis cardinal, 1881‑1968).
  • J’ai remarqué certains défauts dans cette partie narrative. Je considère d’ailleurs qu’il faut les attribuer à l’action personnelle de l’écrivain et qu’on peut les corriger (Alfonso Carinci, archevêque, secrétaire de la Congrégation des Rites, puis de la Cause des Saints, 1862‑1963).
  • … à côté de pages d’une extraordinaire profondeur théologique, on trouve des expressions insolites… A mon humble avis, ces volumes pourraient être publiés, à condition d’en débarrasser le texte de certaines descriptions exubérantes, d’en retrancher les scènes dont j’ai parlé et d’en corriger les expressions “ insolites ” (Ugo Lattanzi, déjà cité)

LES PREMIERES PUBLICATIONS ET LA VERSION FINALE

Le Père Berti était le religieux servite qui enseignait au “ Marianum ” la théologie sacramentelle et à qui il faut reconnaître un triple mérite : avoir empêché que le manuscrit de l’Œuvre tombe sans retour sous la griffe du Saint‑Office ; avoir provoqué et recueilli les témoignages que nous venons de rapporter ; avoir dirigé avec abnégation les premières publications, en prenant un risque personnel. Mais, influencé, peut‑être, par les suggestions citées ci‑dessus, qui provenaient de personnes faisant autorité, il eut une idée bizarre : après la parution de la première édition de l’Œuvre — celle en quatre gros tomes — il confia à une personne de sa connaissance, un médecin qui avait des qualités littéraires certaines, la tâche d’en retoucher le style.

Le travail de Diego Lentini fut mené avec grand soin et fut même rémunéré. Mais il provoqua un sentiment de rejet chez celui qui en parle aujourd’hui, car ce dernier considérait que l’Œuvre de Maria Valtorta devait être publiée avec l’absolue fidélité nécessaire à un document à la portée historique, avec ses qualités et ses défauts. Il lui fallut vaincre sa naturelle timidité, due à son jeune âge, devant l’autorité du Père Berti, avec qui il collaborait activement, pour parvenir à faire interrompre cette réécriture. Il obtint de prendre soin personnellement d’un travail de réhabilitation littéraire bien plus opportun. C’est ainsi que les pages imprimées de la première édition, dont la composition typographique avait repris mécaniquement la copie dactylographiée remise à l’éditeur Pisani comme s’il s’agissait de l’original de l’Œuvre, purent être confrontées mot à mot avec l’écriture des cahiers autographes de Maria Valtorta. Ces pages déjà imprimées, mais corrigées à la main pour rétablir sur elles l’authenticité du texte original, servirent à composer une nouvelle édition de l’Œuvre, la première à être subdivisée en dix volumes.

Ce collationnement servit à mettre en évidence et à corriger les erreurs et étourderies du Père Migliorini, le directeur spirituel de l’écrivain. Un terme tant soit peu recherché a pu parfois causer une lecture déformée. 

La richesse de vocabulaire, agrémentée de quelques archaïsmes, est une caractéristique du style littérairement cultivé de l’Œuvre de Maria Valtorta, à tel point que le travail de collationnement avec le manuscrit original exigea de garder à portée de main un bon dictionnaire d’italien pour vérifier l’existence de termes insolites ou tombés en désuétude. Les tournures typiques de la Toscane sont fréquentes, aussi bien dans les termes que dans la forme impersonnelle des verbes. L’édition imprimée actuelle reproduit, dans toute sa complexité, le style de l’écrivain, et respecte ainsi sa personnalité et sa capacité à donner toute sa vivacité au récit par sa formation culturelle personnelle, en le ponctuant d’expressions propres à son milieu de vie.

L’ÉCRIVAIN

Maria Valtorta était un écrivain‑né. Elle avait une capacité naturelle à écrire d’un seul jet, avec une grande précision dans le choix des mots et sans changement d’idée qui l’oblige à se corriger. C’est visible dès le volumineux manuscrit de son Autobiographie, son premier livre, écrit en quelques mois, alors qu’elle était alitée, déjà malade. Destinée à son père spirituel, qui la lui avait demandée, elle est rédigée sous une forme épistolaire. Ce style réapparaît parfois dans des écrits d’un tout autre genre, commencés aussitôt après, au premier rang desquels se trouve son Œuvre sur l’Evangile, qui est l’objet de notre examen. On y trouve comme un signe de continuité stylistique. Dans son Autobiographie, Maria Valtorta s’est racontée elle‑même au bon Père Migliorini ; elle continuera ensuite à s’adresser à lui, mais seulement de manière sporadique, pour lui raconter ce qu’elle “ voit ” et ce qu’elle “ sent ”. Dans le deuxième cas, le style épistolaire est secondaire, de sorte qu’il ne permet pas de redéfinir le genre littéraire de l’Œuvre.

Relevons plutôt un autre aspect : le sujet extraordinaire de l’Œuvre n’empêche pas Maria Valtorta de traiter, en même temps, de banalités à propos de relations, de sentiments, d’affaires, dans ses lettres à différents destinataires, y compris au Père Migliorini. Cette capacité à alterner la rédaction d’une œuvre colossale, d’une grande complexité, avec une correspondance épistolaire intense, tend à indiquer que la “ science ” de l’Œuvre ne plonge pas l’écrivain dans une activité créatrice, car elle ne l’oblige pas à se concentrer et à s’isoler.

Maria Valtorta a un réel talent pour écrire des lettres, comme aussi pour rédiger ses mémoires. Et elle fait preuve du même talent pour enregistrer ce qu’elle doit transmettre. C’est là un aspect particulier qui concerne la nature de l’Œuvre, mais cela pourrait être un élément capable de faire reconsidérer son genre littéraire.

ROMAN OU PAS ?

« L’Œuvre de Maria Valtorta a été publiée comme un roman, et j’espère que, à ce titre, elle continuera d’être régulièrement réimprimée à l’avenir, mais ce n’est pas un roman. » Cette phrase lapidaire est du P. Gabriele M. Allegra (1907‑1976), franciscain missionnaire en Chine, premier traducteur de la Bible en chinois, et proclamé bienheureux le 29 septembre 2012. Il poursuit : « … ce n’est pas un roman. C’est le complément des quatre traditions évangéliques et leur explication. »”.

Exégète et érudit, homme de foi et de science, apôtre en terre de mission, le P. Allegra déclare tout le bien qu’il pense de l’Œuvre de Maria Valtorta dans les notes de son Journal ou dans des lettres à ses confrères, à sa famille, à des connaissances. En voici quelques exemples :

… je sens dans ce livre l’Evangile, ou, pour mieux dire, le parfum enivrant de l’Evangile.

C’est une œuvre qui fait grandir dans la connaissance et dans l’amour du Seigneur Jésus et de sa sainte Mère.

… certains discours du Seigneur, dont l’Evangile ne nous rapporte que le sujet principal, sont développés dans cette œuvre avec un naturel, un enchaînement de pensée si logique, si spontané, et qui colle tellement au temps, au lieu, aux circonstances, que je n’ai rien trouvé de tel chez les exégètes les plus réputés.

… elle ne contredit jamais l’Evangile, mais le complète admirablement et le rend à la fois vivant, puissant, tendre et exigeant.

Il y aurait de quoi écrire un livre sur l’exégèse de Maria Valtorta…

Par conséquent : L’Evangile tel qu’il m’a été révélé se lit comme un roman, mais ce n’est pas un roman. On ne peut pas dire non plus qu’il s’agit d’un ouvrage d’exégèse au sens strict, c’est‑à‑dire d’interprétation des textes évangéliques, car cette intention se voit uniquement dans certaines “ dictées ” qui servent de commentaire à un passage évangélique bien connu : par exemple celle qui rectifie et clarifie l’expression “ le jour d’après ” chez Jean (EMV 47.10), ou quand un “ plus ” vient s’ajouter à la réponse de Jésus à sa Mère aux noces de Cana (EMV 52.7), ou encore la correction “ boire à ma coupe ” au lieu de “ boire ma coupe ” (EMV 577.11). Ces imprécisions ne sont pas dues à la rédaction originale des évangélistes, mais aux mauvaises traductions. Néanmoins, même les évangélistes ne sont pas épargnés par quelque critique, quel que puisse être le motif de leur inexactitude, comme en 594.9, où Jésus explique les raisons pour lesquelles ils ne nous ont pas transmis l’enseignement sur le figuier stérile.

La critique exégétique est marginale, dans L’Evangile tel qu’il m’a été révélé ; l’ensemble constitue cependant une contribution extraordinaire à l’exégèse des quatre évangiles. C’est ce qu’entend prouver le présent livre, en donnant l’exemple d’importants passages évangéliques que l’Œuvre de Maria Valtorta “ permet de comprendre dans toute leur ampleur ”, comme le dit l’introduction, en ajoutant : “ par le récit de la vie terrestre de Jésus ”. Voilà le point : c’est une œuvre biographique. Un lecteur à l’audace digne d’éloge l’a définie comme l’Autobiographie de Jésus. Il ne pouvait croire qu’elle n’était pas “ révélée ”. 

On peut l’accepter telle quelle, dans le respect des règles que la théologie catholique indique pour qualifier les révélations privées ; il ne fait aucun doute que la connaissance vivante et réelle de tout ce que Jésus faisait et disait jour après jour, avec en complément le compte rendu de sa naissance et de son enfance, ainsi que de sa passion, de sa mort et de sa résurrection, cela n’est rien d’autre que la connaissance de l’Evangile. C’est pourquoi le genre biographique, en référence à la personne de Jésus, répond bien à la finalité évangélisatrice de l’Œuvre de Maria Valtorta.

Le caractère particulier d’une “ révélation ” implique que l’on distingue la figure de l’Auteur, qui a conçu, voulu et transmis cette œuvre, de celle qui l’a écrite matériellement, dans un esprit de service.

Tu n’es rien d’autre qu’un porte‑parole et un canal dans lequel coule l’eau de ma voix… — dit Jésus à Maria Valtorta le 19 juillet 1943 — tu n’es rien. Rien de plus qu’une femme pleine d’amour.

Maria Valtorta n’est rien comme “ moyen ” (porte‑parole ou canal) qui ne peut rien faire de soi‑même, mais elle est tout comme “ femme pleine d’amour ”. C’est ce qui lui permet de s’anéantir pour s’offrir. Celui qui se sert de son offrande ne pourrait rien s’il ne disposait pas du côté passionné de Maria Valtorta. Si la sagesse divine se révèle à elle, c’est pour qu’elle appréhende tout par ses grandes capacités d’intelligence et de sensibilité, et pour qu’elle le transmette dans son langage propre d’écrivain doué. Il est impossible de tracer une frontière précise entre l’Auteur et l’écrivain. C’est lui qui conçoit l’Œuvre, c’est elle qui a les potentialités propres à sa réalisation.

Une seule chose est demandée au porte‑voix ou canal : exécuter. Il est dispensé de penser, et de préparer l’agencement de l’Œuvre. On n’expliquerait pas, autrement, la disponibilité immédiate de Maria Valtorta pour écrire : elle ne doit pas perdre le temps habituellement nécessaire à toutes les opérations mentales qui relèvent d’un auteur, c’est‑à‑dire tout ce qui précède, accompagne et suit la rédaction de son texte. Elle ignorait même où le Seigneur allait la conduire jour après jour (pour reprendre son expression, rapportée par Marta Diciotti, qui fut le témoin de sa vie). Et pourtant l’Œuvre ne laisse pas paraître le moindre défaut d’organisation ou de logique dans la suite des événements, des discours, des caractères des personnages, ou des caractéristiques de diverse nature. Sans la direction d’un esprit supérieur, l’Œuvre, étant écrite d’une traite, n’aurait pu éviter méprises et incohérences dans la trame d’un récit d’une telle longueur.

L’INSTRUMENT HUMAIN

L’écrivain Maria Valtorta reste toujours un instrument humain. L’éditeur de son Œuvre a signalé dans les notes certains lapsus, l’erreur involontaire propre à ceux qui écrivent d’un seul jet. En effet, elle ne s’occupait pas de corriger son propre manuscrit ; mais elle relisait une des copies dactylographiées par le Père Migliorini, et elle y apportait parfois une rectification. L’édition imprimée de l’Œuvre, qui reproduit fidèlement le manuscrit original, signale dans les notes ces interventions successives pour corriger un mot ou un autre dans les descriptions qu’elle “ voyait ” ; mais elle n’intervenait presque jamais sur la terminologie de ce qu’elle “ entendait ”. Le mode de “ réception ” se reflète sur le style de Maria Valtorta et on reconnaît une attitude intérieure différente. C’est elle qui a la responsabilité d’observer et de décrire, mais elle n’a pas la responsabilité du contenu des discours et des dialogues : ils ne sont pas de sa compétence.

Prenons un petit exemple. Un personnage mineur de l’Œuvre (il y en a des centaines) est le maréchal‑ferrant romain Titus, qui est un brave homme et un honnête travailleur. Il a épousé une juive, Esther, qui l’aime et voudrait faire de lui un prosélyte. Après avoir entendu un discours de Jésus et s’être confiée à lui, la femme le supplie :

«… Prie pour mon mari ! Qu’il appartienne au vrai Dieu…».

«Oui, il aura cette grâce. Sois‑en sûre. Tu demandes une chose sainte et tu l’obtiendras. Tu as compris les devoirs de la femme envers Dieu et envers son époux. Si c’était le cas de toutes les épouses ! En vérité, je te dis que beaucoup devraient t’imiter. Reste telle que tu es et tu auras la joie d’avoir ton Titus à tes côtés, dans la prière et au Ciel. Montre‑moi tes enfants. »

La femme appelle ses nombreux enfants : « Jacob, Judas, Lévi, Marie, Jean, Anne, Elise, Marc ! » Puis elle entre dans la maison et en ressort avec un enfant qui marche à peine et un bébé de trois mois tout au plus: « Lui, c’est Isaac, et la toute petite, c’est Judith, dit‑elle pour terminer la présentation.

«Quelle abondance ! » s’exclame en riant Jacques, fils de Zébédée.

Et Jude s’écrie : « Six garçons! Et tous circoncis! Et avec des noms purs! Bravo! » (EMV 331.12‑13)

Jude était assez cultivé pour qu’il ne lui échappe pas que le prénom d’un des six garçons (Marc, d’origine latine) n’était pas “ pur ” selon la conception hébraïque, même s’il était répandu en Palestine. Maria Valtorta se serait‑elle trompée ? Pas du tout : il s’agit en fait d’entrer dans la mentalité de Jude, qui avait entendu Esther parler à Jésus de son mari de façon très élogieuse : “ … Il me laisse toujours faire avec les enfants. Coutumes, rites, tout est juif ici !….Titus est bon. Pendant nos fêtes, il ferme la maréchalerie, quitte à perdre beaucoup d’argent, et il m’accompagne avec les enfants au Temple, car il assure que l’on ne peut rester sans religion. Lui dit que la sienne est celle de la famille et du travail, comme auparavant c’était celle du devoir de soldat… ”. Cela avait frappé l’apôtre, et peut‑être n’a‑t‑il pas voulu offenser le bon Titus en précisant : “ Et tous avec des noms purs, sauf un ! ”

C’est là un exemple de réalisme historique dû, non pas à quelque géniale reconstruction de Maria Valtorta, qui s’en montre même ignorante, mais à la source de la “ révélation ”. C’est à cette même source que l’on doit l’historicité des grands discours et des intenses dialogues de l’Œuvre, au vu desquels l’exemple que nous venons de citer est de la plus minime importance.

LES INSTRUCTIONS DU CIEL

La “ révélation ” ne constitue pas l’élément déterminant, dans la logique de l’Auteur ; celui‑ci donne des instructions et des directives précises pour la diffusion de L’Evangile tel qu’il m’a été révélé (publiées dans les écrits mineurs de Maria Valtorta), qui mettent en avant un intérêt primordial pour l’apostolat. Il veut que l’Œuvre soit offerte comme nourriture aux âmes à notre époque d’égarements et de déviations morales et spirituelles.

A cette fin, la tactique divine suit une ligne que l’on peut comprendre uniquement dans un dessein d’enseignement et d’avertissement, puisqu’elle n’est pas conditionnée par la prévision d’un échec. L’autorité de l’Eglise catholique — le terreau sur lequel l’Œuvre est née — est reconnue. Maria Valtorta se définit elle‑même comme une “ fille très obéissante de l’Eglise ” , et elle l’est effectivement. C’est à l’Eglise, qui a son siège à Rome mais est universelle, que l’on demande l’autorisation de publier l’Œuvre avec l’approbation de son “ imprimatur ”. La demande passe par l’intermédiaire d’un Ordre religieux — celui des Servites de Marie, qui compte plus de six siècles de vie —, auquel l’Œuvre est destinée en guise de “ don ” mais aussi confiée moyennant le devoir de prendre soin de l’écrivain, qui en est l’instrument.

C’est un parcours conforme à la règle. A un certain moment, il est fait remarquer à l’écrivain que les expressions qui dénotent une “ révélation ” pourraient constituer un obstacle à l’approbation ecclésiastique. Maria Valtorta, alors malade, se fait apporter une copie dactylographiée de l’Œuvre et commence à raturer ou à corriger les “ je vois ” et les “ je sens ”, et à donner une tournure impersonnelle à toute autre forme verbale. Vain effort. L’ordre servite, peu disposé à accueillir les directives que Maria Valtorta transmet par mandat divin, ne se montre pas aussi zélé qu’elle, et fait des faux pas. Les autorités ecclésiastiques se raidissent et imposent des interdictions, allant jusqu’à menacer de condamner l’Œuvre si elle est publiée (comme cela se produira effectivement, dix ans plus tard).

Le ton de l’Auteur change alors (des Carnets de Maria Valtorta, en date du 6 janvier 1949):

«...quand bien même on décrétait définitivement, par quelque entêtement sacrilège, que mon Œuvre est condamnable… je permets qu’elle soit publiée à titre d’écrit humain. Cela ne signifie pas que j’accepte leur jugement ni que je désavoue la nature de l’Œuvre et le nom de son véritable Auteur, mais je le fais par pitié pour les âmes… Je veux que les âmes puissent boire à la Source de vie de ma Parole… Ouvrons donc pour eux un autre accès à la Source divine. C’est ainsi que le bon Maître — celui qui porte la Bonne Nouvelle, la Parole de vie qui “ sort de ma bouche, [et] ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission ” (Isaïe 55,11), la Parole de vie, de salut, de lumière sur le chemin, de vérité, d’amour, pour tous — reviendra vers les aveugles, les sourds, les estropiés et les paralytiques, les lépreux, les fous et les morts, comme aussi vers les assoiffés et affamés spirituels, pour ouvrir les yeux et les oreilles à la Vérité, redonner leur agilité aux âmes estropiées ou paralysées, guérir de leur sensualité ceux qu’elle soumet à la lèpre du péché, rendre la raison aux intelligences délirantes sous la possession démoniaque de doctrines contraires à Dieu, ressusciter l’esprit de ceux dont l’âme est morte, nourrir les affamés et désaltérer les assoiffés de moi et du Ciel afin que tous, tous, tous puissent être rassasiés, même ceux qui n’imaginaient pas me rencontrer en lisant un livre. »

Il est indéniable que l’approbation ecclésiastique officielle qui fait défaut pénalise les fidèles catholiques, mais il nous faut également admettre que cela favorise certaines personnes non fidèles et non catholiques, qui ont généralement des préventions envers le sceau d’une autorité religieuse constituée. C’est ainsi que l’Œuvre a pu et peut encore atteindre une universalité de lecteurs, parce qu’elle se répand en conformité avec l’intuition du bienheureux Gabriele M. Allegra : « Elle a été publiée comme un roman, et j’espère que, à ce titre, elle continuera d’être régulièrement réimprimée à l’avenir, mais ce n’est pas un roman».

Emilio Pisani

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