Beato Padre Gabriele M. Allegra

Le Bienheureux G. Allegra et l’Œuvre de Maria Valtorta

Critique de l’œuvre de Maria Valtorta écrite à Macao entre 1968 et 1970 par le Bienheureux G.M. Allegra.

Le P. G.M. Allegra, bibliste renommé, fut un lecteur de l’œuvre de Maria Valtorta dès 1961, époque où l’œuvre était encore officiellement à l’Index. Il découvre toute la profondeur du texte inspiré à Maria Valtorta et confie sa démarche à divers correspondants.

Puis, à partir de 1968, il note ses découvertes dans un «Journal» (première partie de cette page) qui sera ultérieurement mis en forme dans le but d’être édité.

Il rédige ensuite une «Critique» (deuxième partie de cette page). Elle ne sera publiée qu’après sa mort, à l’occasion de l’ouverture de sa cause de béatification. Ce qui fut proclamé le 29 septembre 2012 dans sa Sicile natale, par le cardinal Angelo Amato, Préfet de la Congrégation pour les causes des Saints, représentant le pape Benoît XVI.

Les écrits du Bienheureux G.M. Allegra furent édités pour la première fois dans le Bollettino Valtortiano n°6 de septembre 1972 puis dans le n°29 de Janvier-Juin 1984, à l’occasion de l’ouverture de son procès en béatification. La traduction française est parue en mars 2009 dans le n°217 de Chrétiens Magazine.

Nous employons indifféremment Le Poème de l’Homme-Dieu ou l’Évangile tel qu’il m’a été révélé pour désigner l’œuvre de Maria Valtorta, mais le Père Allegra n’utilise que le premier, seul titre qu’il ait connu.

 

Extraits du journal du Bienheureux G. Allegra.

 

Mardi et Mercredi Saints, 9-10 avril 1968, Macao.

Le Poème de l’Homme-Dieu de Maria Valtorta a été publié en tant que roman, et j’espère qu’avec pareil titre il continuera d’être réimprimé dans le futur, et souvent; mais ce n’est pas un roman. C’est le complément des quatre traditions évangéliques, et leur explication.

Cette explication nous surprend parfois, elle nous semble tellement nouvelle, tellement vraie et énergique, que nous sommes prêts à la négliger. Il s’agit de révélations privées! Et puis, faites à une femme! Et nous autres, les hommes, les prêtres, savons bien en cela imiter les Apôtres qui appelèrent délire de petites femmes la vision que celles-ci eurent du Christ ressuscité. Certes St Paul, dans la liste qu’il donne des témoins de la Résurrection, exclut les femmes; mais les Évangiles, au contraire, leur donnent une part prépondérante. Et pourtant tous les prêtres veulent imiter St Paul sur ce point!

De fait, le Poème de l’Homme-Dieu ne mérite pas vraiment d’être négligé avec cette assurance et cette suffisance qui est la caractéristique de nombreux théologiens modernes. Dans l’Église se trouve l’Esprit, et dès lors, se trouvent les charismes de l’Esprit. Je pense que c’est seulement avec un charisme de l’Esprit Saint – seulement avec son aide – qu’une pauvre femme malade, d’une culture biblique limitée, a pu écrire, en l’espace de trois années, 20000 pages qui, une fois imprimées, équivalent à 10 volumes. Et quelles pages! Et je note aussi que certains des discours du Seigneur – dont les principaux sujets sont tout juste évoqués dans les Évangiles – sont développés dans cette œuvre avec un naturel, avec un fil de pensée si logique, si spontané, si intrinsèquement lié au temps, au lieu, aux circonstances, que je n’ai pas trouvés chez les exégètes les plus célèbres.

Je ne citerai que le discours du Seigneur avec Nicodème et celui du Pain de Vie. Mais les exégètes, formés à la «Méthode de l’Histoire des formes» ne s’humilieront jamais (!) à jeter un œil à cette œuvre où de nombreux problèmes sont résolus avec une facilité merveilleuse, et où tant de discours, dont nous n’avions malheureusement que le thème, sont retrouvés.

En somme, je retiens que cette œuvre de M. Valtorta mérite au moins cette attention que les théologiens ont accordée à la «Cité Mystique de Dieu» de la Vénérable Maria de Ágreda, aux révélations de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich, et à celles de Ste Brigitte.

Personne ne pourra me faire croire qu’une pauvre infirme, seulement en vertu de son fervent sentiment religieux, a écrit le Poème, d’autant plus qu’elle ne vit pas les diverses images ou scènes de la vie du Seigneur dans l’ordre chronologique, mais bien au contraire, elles lui ont été présentées dans une succession imprévisible en l’espace de trois ans.

Que fut ce charisme? Quelles en furent les dimensions? Comment l’instrument humain coopéra-t-il avec lui? Qu’est-ce qui provient de l’Esprit à travers la pensée et le cœur d’une pieuse chrétienne, et qu’est-ce qui est le fruit exclusif de la psyché de M. Valtorta? Et avec l’hypothèse de visions surnaturelles, pourquoi Jésus a-t-il adopté le langage de la théologie du XXème siècle et pas celui de son propre temps? Peut-être a-t-il voulu nous enseigner ce qu’on peut trouver dans les Saintes Écritures, et comment elles doivent être exprimées aujourd’hui? Il y a tant de questions qui méritent d’être étudiées et méditées avant d’exposer raisonnablement comment le Poème de l’Homme-Dieu ne contredit jamais l’Évangile, mais le complète admirablement, le rendant vivant et puissant, tendre et exigeant.

Une fois bien déterminée la nature du charisme de l’Esprit et la réalité de son action en Maria Valtorta, quelle attitude le chrétien doit-il adopter en lisant ces admirables pages évangéliques?

Il me semble que la même conclusion pratique s’impose à quiconque a lu et étudié les documents de l’Histoire des Apparitions de Paray-le-Monial, Lourdes, Fatima, Syracuse …

Et avec le même degré de foi, et dans la mesure où le Seigneur Jésus et l’Église le désirent, j’y crois.

 

Jeudi Saint 1968.

Aux côtés des pieuses femmes qui assistaient à la crucifixion du Seigneur sur le Calvaire, parmi lesquelles quatre sont nommées et plusieurs autres sont laissées anonymes, St Luc parle aussi de certaines connaissances de Jésus: gnostoi, qui assistaient à sa mort en se tenant un peu à distance. Qui sont ces connaissances? On pourrait penser à Joseph d’Arimathie, Nicodème, Manaën, Chouza (?), et d’autres parents de ces personnages de haute condition sociale.

Sans se poser le problème, Maria Valtorta dans son Poème de l’Homme-Dieu désigne ces connaissances comme étant le groupe des (12) Bergers et quelques disciples. Tandis que le condamné était torturé, et pendant que Lui, le torturé, était encore en vie, il ne fut pas permis aux amis du coupable de s’approcher, car ils étaient des hommes. C’est seulement à Sa Mère et aux pieuses femmes qui étaient avec Elle que le Centurion accorda le droit de venir près de la Croix, ainsi qu’à Jean qu’il [le Centurion] croyait être le fils de Marie et le frère du condamné.

 

Vendredi Saint 1968, Macao.

D’après M. Valtorta (Poème de l’Homme-Dieu), les principales causes physiques qui conduisirent à la Mort de Jésus furent: 1) l’hémorragie avant la Crucifixion, qui eut lieu pendant l’Agonie du Gethsémani et la Flagellation; 2) l’œdème pulmonaire; 3) la fièvre; 4) le tétanos; 5) et plus particulièrement la souffrance spirituelle endurée au travers de l’abandon par son Père. Pendant cette ineffable, incompréhensible épreuve de l’Homme-Dieu, Il ressentit en quelque sorte la séparation d’avec son Père comme quelqu’un qui est damné. Vraiment, Il est devenu le péché personnifié. Illum qui peccatum non noverat peccatum fecit! Redempti enim estis pretio magno! (Celui qui n’avait pas connu le péché, Il l’a fait «péché»! Vous avez été bel et bien achetés! [2 Corinthiens 5,21; 1 Corinthiens 6,20])

Pendant la Passion et la Mort du Seigneur, la Mère des Douleurs accomplit son office en tant que nouvelle Ève corédemptrice, acceptant de son cœur la Volonté du Père, en compatissant, comme seule Elle pouvait le faire, avec son Fils Jésus, et pardonnant et priant pour nous les hommes, ses crucificateurs.

 

Samedi Saint 13 avril.

Une fois Jésus mort, Marie agit en corédemptrice par sa désolation jusqu’au moment de Sa Résurrection.

La désolation de la Douloureuse comprend une attaque directe, personnelle de Lucifer, puis de nombreux assauts indirects contre sa foi en la Résurrection, et, même pour elle, l’abandon par le Père.

En deux longs chapitres, M. Valtorta décrit ce qu’elle a vu et entendu pendant la nuit du Vendredi Saint, le jour du Sabbat, et la nuit du Sabbat [Samedi Saint].

Le peu que j’ai lu sur la Mère des Douleurs sur ce sujet, se cantonne à des généralités; et ne peut être comparé à ces puissantes et très tendres pages de Maria Valtorta. Je ne puis absolument pas me convaincre qu’elles sont une simple méditation d’une pieuse chrétienne, non, cette âme a vu et entendu!

Digitus Dei est hic! (Le Doigt de Dieu est ici!)

 

30-31 juillet 1968.

Pour un livre aussi absorbant, aussi charismatique, aussi extraordinaire même d’un point de vue purement humain, comme l’est le Poème de l’Homme-Dieu de Maria Valtorta – pour un tel livre je trouve une justification théologique dans la Première Épître aux Corinthiens 14,6, où St Paul écrit: «Et maintenant, frères, supposons que je vienne chez vous et vous parle en langues, en quoi vous serai-je utile, si ma parole ne vous apporte ni révélation, ni science, ni prophétie, ni enseignement ?»

Dans cette œuvre, je trouve tant de révélations qui ne sont pas contraires au récit de l’Évangile, et au lieu de cela le complètent.

Je trouve la science, et une telle science dans les domaines théologique (en mariologie particulièrement), exégétique, mystique, que si elle n’est pas infusée, je ne sais pas comment une pauvre femme malade aurait pu l’acquérir et la maîtriser, eût-elle été douée d’une éminente intelligence.

Je trouve le charisme de la prophétie au sens juste de la voix à travers laquelle M. Valtorta exhorte, encourage et console au nom de Dieu et, en de rares occasions, élucide les prédictions du Seigneur.

Je trouve enfin l’enseignement, et semblable enseignement est sûr; il embrasse presque tous les champs de la révélation. Et dès lors, il est un et multiple, immédiat, lumineux. Bien que par moments quelque doute puisse effleurer mon esprit, en pensant à la complexité de cet enseignement je me dis à moi-même: il me faut mieux y penser; cette opinion de l’heureuse voyante est tout de même possible.

Mes doutes tournent en particulier autour de ce que M. Valtorta dit au sujet du Péché Originel; au sujet de l’appel des premiers Apôtres, qui me semble en contradiction avec l’Évangile de St Jean; au sujet de certains points dans le discours de Jésus sur le Tabor après la Résurrection et sur la colline dans les environs de Nazareth; au sujet de l’affirmation de Jésus d’être Dieu, le Fils de Dieu et le Messie. Et si ces déclarations de la part du Seigneur étaient vraies, comment expliquer l’Ébionisme, précisément né en Palestine? Et le gnosticisme?

Comme il ne s’agit pas de difficultés insurmontables; je dis seulement que je n’ai pas encore réussi à les surmonter.

Et le secret messianique (particulièrement dans l’Évangile de Marc), comment peut-il s’accorder avec les très fréquentes assertions de Jésus qui sont lisibles dans le Poème de M. Valtorta?

Éclaire-moi, Seigneur, parce que je veux passer ce peu de vie qui me reste à Te connaître toujours plus. Éclaire-moi, parce que Ton serviteur veut se présenter devant son Roi orné de lumière.

 

25-26 août.

Le Poème de l’Homme-Dieu m’impressionne toujours plus du point de vue littéraire, exégétique, théologique.

Littérairement, nul besoin d’avoir recours à des dons surnaturels; l’extraordinaire intelligence de M. Valtorta et sa sensibilité très aiguë suffisent à expliquer cette œuvre. Toutefois, même sur ce point, il ne faut pas oublier que l’Auteure n’a pas suivi l’ordre chronologique de la vie de Jésus, mais celui dans lequel Jésus lui montrait les visions.

Concernant l’exégèse de M. Valtorta, il y aurait de quoi écrire un livre. Ici je me borne à réaffirmer que je ne trouve aucune autre œuvre chez les éminents spécialistes des écritures, qui complète et clarifie les Évangiles Canoniques aussi naturellement, spontanément, et avec autant de vivacité que ne le fait le Poème de M. Valtorta. Dans les Évangiles, il est en permanence fait mention de foules, de miracles, et nous avons quelques grands traits des discours du Seigneur. Dans le Poème de l’Homme-Dieu, en revanche, les foules bougent, crient, agissent; les miracles, pourrait-on dire, se voient; les discours du Seigneur, même les plus ardus dans leur concision, deviennent d’une clarté solaire.

Et ce qui me fait le plus m’émerveiller, c’est que M. Valtorta ne tombe jamais dans des erreurs théologiques; au contraire, elle rend les mystères révélés plus faciles pour le lecteur, en les transposant dans un langage populaire et moderne.

Certes, je ne suis pas convaincu par l’explication du péché originel, de l’appel des premiers Apôtres; de l’identification de la Madeleine avec Marie de Béthanie, encore que sur ce point je me suis presque rendu en tant qu’exégète, de la chronologie de la vie de Jésus…, mais je ne peux pas prouver que les opinions admises par M. Valtorta dans son Poème sont erronées. Il se pourrait que je sois moi-même dans l’erreur, et avec moi quantité d’autres.

Quiconque lit cette œuvre après les articles et monographies de tant de disciples modernes de la Formgeschichte [Critique formelle] et de la Redaktionsgeschichte [Critique rédactionnelle], respire enfin l’atmosphère de l’Évangile, et devient presque l’un (il a beau être un numéro, il est toujours plus chanceux que les exégètes bultmanniens!), il devient presque, dis-je, l’un des membres de la foule qui suivait le Maître.

Des dons naturels et des dons mystiques harmonieusement mariés, voilà qui explique ce chef-d’œuvre de la littérature religieuse italienne, et peut-être devrais-je dire, de la littérature chrétienne mondiale.

 

7-8 septembre 1968.

La figure, les vertus, la mission de la Madone ont été et sont décrites par de nombreux saints, sages et dévots, et pourtant aucun ne le fait avec la simplicité de Maria Valtorta dans son Poème de l’Homme-Dieu.

M. Valtorta a vu et entendu, les autres, pour la plupart, ont seulement pensé et médité. Mais ce qui me surprend le plus est la vision sûre des dons de la très sainte Marie.

Les apôtres ont dû connaître la plénitude de la révélation… plénitude que l’Église rejoint en progressant continuellement, sous l’action de l’Esprit Saint.

Les dogmes que l’Église définit au fur et à mesure des siècles – spécialement les dogmes mariaux – sont une affirmation solennelle de la foi des Apôtres. M. Valtorta a été, par un charisme ineffable, replongée dans la foi tendre, émouvante, spontanée des Apôtres, spécialement de St Jean.

 

Samedi Saint.

Certes Jésus, à l’époque de sa vie mortelle, ne parlait pas avec ces termes théologiques venus par la suite, et peut-être en développant la céleste richesse de sa parole, comme elle apparaît dans le Poème de l’Homme-Dieu, c’est-à-dire comme il la fit voir et entendre à sa chère Maria Valtorta.

Comment s’explique ce fait? Je répondrais ainsi: Jésus, après vingt siècles, répète et explique son Évangile en se servant de toute la terminologie théologique de son Église, pour nous dire que l’enseignement de celle-ci se trouve déjà implicitement dans son Évangile – M. Pouget aurait dit: de manière équivalente – et que cet autre enseignement n’est rien d’autre que l’explication d’autorité et infaillible, que l’Église donne et qu’elle seule peut donner, guidée et illuminée par l’Esprit Saint.

Quant à ce qui concerne certaines vérités, par exemple la Très Sainte Eucharistie, la dignité et la mission de la Vierge Marie, Jésus durant sa vie en parla déjà plus clairement que ne l’a fait l’Église pendant tous ces siècles, de sorte que le progrès dogmatique pour ces vérités et d’autres est un retour à la plénitude de la source.

Enfin j’observe que l’œuvre de M. Valtorta est indirectement une preuve de l’historicité des Évangiles: ceux-ci sont, oui, un catéchisme, un cherigma, mais basé sur la maturité des textes choisis et approuvés par Dieu. Tout autre chose que la Formgeschichte!

 

Résurrection du Seigneur.

L’efficacité de la parole de Dieu est conditionnée par la qualité du terrain sur lequel elle tombe. L’homme a le terrible don de la liberté, par lequel il peut dire non, même à Dieu!

En ayant à l’esprit la parabole du semeur, la liberté de l’homme, et ma conviction que le Poème de l’Homme-Dieu est l’œuvre de Jésus d’abord et de Maria V. ensuite, la réaction des lecteurs devant cette œuvre s’exprime ainsi:

– l’Œuvre ou le Poème rencontre: des lecteurs distraits, des lecteurs honnêtes, des lecteurs pieux, des lecteurs critiques et hypercritiques.

– Le théologien et l’exégète devraient être en même temps parmi les lecteurs honnêtes et les lecteurs critiques.

Les discours de Jésus dans la plaine de la Belle Eau (M. Valtorta, Le Poème de l’Homme-Dieu, II) sont l’explication du Décalogue. Par ceux-ci, Jésus, selon son objectif manifesté tant et plus, entend reconduire la Loi à sa plénitude primitive, en la libérant des superfétations humaines. Ces discours ne suivent pas l’ordre des commandements, mais répondent à des besoins particuliers de quelques personnes présentes, besoins connus du Seigneur seulement, puisque Lui n’est pas seulement le Fils de l’Homme, mais aussi le Fils de Dieu.

Ce contact intime avec les âmes, qu’elles soient dans le péché ou désireuses de rédemption, hommes ou femmes, épouses trahies ou mères meurtries par la conduite de leurs enfants, donne aux paroles du Seigneur un ton vivant, actuel, palpitant même aujourd’hui.

Dans la plaine mélancolique de la Belle Eau, entre Jéricho et Éphraïm, dans les journées mélancoliques de novembre et décembre, à la fin de la première année de la vie publique, le Seigneur fit ses premières grandes semailles, en semant la Parole qui ne passe pas et ne meurt pas.

Jusqu’à quel point les paroles du Seigneur, rapportées par M. Valtorta, sont-elles authentiques? Voici: je ne parviens pas à me persuader que la voyante ait inventé ou ajouté quelque chose d’elle-même: non, elle reproduit ce qu’elle entend et tel qu’elle l’entend.

Mais d’autre part personne ne peut nier qu’il y a une traduction des paroles du Seigneur dans le langage de l’Église d’aujourd’hui, c’est-à-dire le langage riche et polymorphe de notre théologie, ainsi qu’il s’est formé après et à travers tant de siècles de polémiques, de discussions, de prédications.

Qui a fait cette version, qui est d’ailleurs double dans la mesure où Jésus, de 1943 à 1947 parlait en italien tandis que sur cette terre dans les années de sa vie mortelle il parla en araméen, en grec et peut-être à l’occasion en latin? Et surtout, pourquoi en parlant avec M. Valtorta adopta-il notre langage théologique? Ce ne peut être que Jésus lui-même. Et s’il a agi de la sorte, je pense que c’est soit pour nous faire voir que l’enseignement de son Église n’est rien d’autre que la déclaration de ses paroles, soit pour graver son Évangile éternel dans le cœur des contemporains.

De même que les discours de la Belle Eau expliquent la Loi, de même le discours sur la Montagne constitue un pas en avant, c’est la perfection de la Loi, soit en se référant à l’intention du Divin Suprême Législateur, soit en la méditant à la lumière de l’incarnation de la Rédemption imminente.

Cette double série de discours est complétée par la Conversation de Jésus avec les Apôtres, par ses polémiques dans le temple et à Jérusalem ou sur les chemins de la Palestine, et enfin par ses suaves confidences célestes avec les Apôtres, les Disciples, hommes et femmes, et spécialement sa Très Sainte Mère… Quelle œuvre que ce Poème!

Dans le Poème de l’Homme-Dieu, Mammon équivaut souvent à Satan, c’en est un autre nom; or je constate que Théodore Zahn aussi, dans son commentaire sur l’Évangile de St Matthieu, est arrivé à la même conclusion.

Le Poème nous réserve de nombreuses surprises de ce style, ce qui confirme que nous n’avons pas affaire aux rêveries d’une femme malade, mais que nous sommes en présence de la déposition d’une témoin, certes seule témoin, mais tellement digne de foi.

Cette femme malade, avec pour seul don celui d’une plume facile, bien que cultivée à hauteur d’études littérales moyennes, écrit en moins de quatre ans une œuvre de dix volumes, dans laquelle elle fait ressusciter l’ambiance religieuse, politique et culturelle du premier siècle, et ce qui épouvante davantage les spécialistes eux-mêmes, elle raconte dans l’ordre – mais cet ordre n’a été reconnu et stabilisé qu’une fois que les visions ont cessé – la vie de Christ, en complétant les Évangiles sans jamais les contredire.

Parfois, c’est vrai, je suis resté et je reste encore dubitatif sur la manière d’expliquer, de dérouler, de suppléer au récit évangélique, mais il s’agit toujours de sujets ou de nœuds exégétiques, qui se prêtent à diverses interprétations.

Après les Évangiles, je ne connais pas d’autre vie de Jésus qui puisse se comparer au Poème, de même que je ne connais pas d’autres vies de St Pierre ou St Jean qui rendent aussi vivants les caractères des douze saints Apôtres.

Je cite ces deux-là parce que l’on trouve quelque chose sur eux dans l’Écriture, tandis que sur les autres Apôtres, on n’a pratiquement que leur nom. Or, tous les caractères sont toujours tellement bien dessinés et tellement cohérents, qu’on se trouve face à un dilemme: ou bien l’Auteure est un génie de la trempe de Shakespeare ou Manzoni, ou bien elle a vu.

J’opte, si on me contraint de choisir, pour la seconde alternative.

Quant à la Mariologie de cette Œuvre, eh bien je ne connais pas d’autres livres qui en possèdent une aussi captivante et convaincante, aussi ferme et aussi simple, aussi moderne et en même temps aussi antique, en étant pourtant ouvert à ses progrès futurs.

De même, et en fait surtout sur ce point, le Poème enrichit notre connaissance de la Madone, et irrésistiblement aussi notre pauvre amour, notre langoureuse dévotion pour Elle.

En traitant le mystère de la Compassion de Marie, il me semble que M. Valtorta, par l’ampleur, la profondeur et l’exploration psychologique du Cœur de la vierge, va même au-delà de St Bonaventure et St Bernardin. Pouvait-elle accomplir cela sans avoir vu et entendu surnaturellement?

 

Macao, le 8 janvier 1970.

Il me plairait de voir traduit le Poème de l’Homme-Dieu en d’autres langues, parce que je suis certain que beaucoup, par sa lecture, croîtraient dans la connaissance et l’amour du Seigneur Jésus. Je confie mon désir à Ste Claire et à Lucia Mangano.

Quelques «saintes morts» décrites ou évoquées dans le Poème: la mort de St Joseph, celle d’Alphée l’époux de Marie, tante de Jésus, celle de Saul de Kariot, de Jonas l’ancien berger, de Saint Jean-Baptiste, de Lazare, d’Abraham d’Engaddi, de Jean d’Endor, du Bon Larron, de Saint Étienne…

Veni, Domine Jesu!

Dans son tragique destin, une figure puissante et émouvante dans le Poème, est Marie de Simon, la mère de Judas, tant aimée par Jésus. Aucun poète ou dramaturge n’a jamais pensé un profil aussi robuste, aussi délicat et en même temps aussi empli de compassion, que cette malheureuse et suave femme.

 

Macao, le 9 janvier 1970.

Les grands discours de Jésus dans le Poème de l’Homme-Dieu sont enchâssés dans l’environnement et les circonstances, ce qui nous les montre plus spontanés et plus naturels.

Les discours de la Belle Eau sont comme la vraie explication authentique du Décalogue, le Discours sur la Montagne est la grande carte du Royaume des Cieux, les paraboles parsemées au long du livre et toujours ancrées à quelque circonstance qui les a fait naître et qui aide à les comprendre pleinement, et les grands discours de Jérusalem, et les instructions continuelles données aux Disciples, hommes et femmes, font du Poème un écrin de trésors célestes.

Remarquable est la manière dont Jésus explique l’Ancien Testament, en l’appliquant toujours au présent, à l’Ère Messianique déjà en action, et qui est en train de s’accomplir.

Même les discours des Apôtres, spécialement ceux de Pierre et de Jean, sont comme un écho à la pensée de Jésus… Je ne crois pas qu’il soit sage et juste de rester indifférents devant pareils trésors.

 

Janvier 1970.

Souvenir émouvant: les noms des petits enfants amis de Jésus selon le Poème de l’Homme-Dieu. Jésus était attiré et attirait les enfants, voilà pourquoi il est impossible de dresser la liste de tous ses chers jeunes amis, néanmoins pour des motifs expliqués dans le Poème, certains sont dignes d’être spécialement rappelés, lesquels sont:

À Capharnaüm: Benjamin, Jeanne et son petit frère Tobie, Jacques qui apportait au Seigneur la bourse de Matthieu…

À Magdala: Benjamin.

À Corozaïn: Joseph, le petit menuisier.

Puis: Marie et son petit frère Matthias, adoptés par Jeanne de Chouza, et surtout Margziam, l’enfant-orphelin-symbole, adopté par Pierre.

Nisi efficiamini sicut parvuli, non intrabitis in Regnum caelorum (si vous ne retournez à l’état des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux – Matthieu 18, 3).

Macao, le 11 janvier 1970.

Les instructions, que donne le Seigneur dans le Poème, tout en étant imprégnées des pensées et de la culture de son temps, sont en même temps accordées à l’enseignement de l’Église Catholique de nos temps.

Tout en admettant que Jésus, le Verbe Incarné, ait pu parler ainsi, je préfère penser qu’Il a répété son Évangile à Maria Valtorta de cette façon, c’est-à-dire en le modernisant, pour enseigner que la doctrine actuelle de l’Église constitue son propre enseignement éternel. Voilà le motif, je pense, pour lequel le Seigneur donne sur le trinôme chrétien: la Foi, l’Espérance, la Charité; sur la constitution de l’Église, bien qu’embryonnaire, et sur les Sacrements, et spécialement sur la mariologie, sur le Célibat, sur le Sacrifice de la Nouvelle Alliance… ces enseignement tellement vivants et actuels.

Conséquence pratique: Je suis enfant de l’Église! Je suis dans la barque de St Pierre!

Veni Domine Jesu!

 

Macao, le 12 janvier 1970.

Les instructions que Jésus, d’après le Poème de l’Homme-Dieu, donna à son cousin Jacques sur la cime du Carmel (EMV 258), sont complétées par le Sauveur lui-même dans le discours qu’Il tient après la résurrection, sur le Tabor (EMV 634).

Discours au(x)quel(s) renvoie justement le titre: Loquens de Regno Dei, o: Sermo de Regno Dei.

Le Seigneur se limite aux lignes essentielles de son programme et laisse l’Esprit Saint illuminer et fortifier son Église, lui qui la guide, à travers les siècles, et selon les besoins.

Qui est dans la vraie Église du Seigneur, est nourri par la parole de Jésus, illuminé par sa Lumière, mu et nourri par son Esprit.

Quelle gloire et quelle joie de pouvoir dire: Je suis enfant de l’Église!

 

Macao, le 14 janvier 1970.

Le discours du Seigneur aux Disciples sur les œuvres de miséricorde corporelle et spirituelle (EMV 275) est un complément du Discours sur la Montagne. C’est-à-dire que selon le Poème de l’Homme-Dieu, le Discours sur la Montagne insiste spécialement sur les devoirs des fils envers le Père dans le Nouveau Royaume, le Discours aux Disciples insiste plutôt sur les devoirs des frères envers leurs frères.

L’un et l’autre discours font sentir profondément et doucement que le Royaume des Cieux est une famille, la famille de Dieu.

Vivre dans cette famille, dans cette maison, en tant que fils, aimer et être aimé, parce que fils, voilà la sublime vocation du chrétien, de celui qui par la foi en Jésus est né de Dieu.

Quotquot autem receperunt eum, dedit eis potestatem filios Dei fieri… ex Deo nati sunt! (Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu – Jean 1,12-13).

 

Macao, le 16 janvier 1970.

En citant et en argumentant sur les Écritures, Jésus, dans le Poème de l’Homme-Dieu, s’adapte à la version italienne, même quand celle-ci diverge de l’originale. Il doit y avoir une raison à cela. Je pense qu’il s’agit de la suivante. Les divergences tournent toujours autour de points secondaires, pratiquement aucune version n’est parfaitement fidèle à l’originale, mais nous avons seulement de nombreuses versions approuvées par la Ste mère Église et donc il cite et argumente en se servant de la version (celle du P. Tintori) approuvée par elle et que Maria Valtorta employait. Si seulement les «docteurs difficiles» se servaient de la Sainte Écriture avec l’intention dont s’en servait M. Valtorta!

La façon de faire de Jésus confirme encore une fois la grandeur de l’autorité de l’Église. Ste Jeanne d’Arc disait qu’entre le Seigneur et l’Église il n’y a pas de différence… Que dire des contestateurs d’aujourd’hui?

 

Macao, le 10 mars 1970.

Dans le Nouveau testament on trouve de brefs aperçus de l’apostolat de Jésus en Samarie, mais ces passages contiennent tant de choses qui sont révélés à pleine mesure dans le Poème de l’Homme-Dieu. Il me semble, par conséquent, évident le succès de l’Évangélisation de la Samarie dont on parle dans les Actes des Apôtres (Actes 8,5-25); au moins dis-je ceci, que le Poème me la rend plus naturelle et comme un évènement attendu, étant donné le ministère de Jésus, sa miséricorde, ses miracles auprès de ces pauvres «frères séparés».

J’ajoute que les plus belles paraboles – celles de l’évangile exceptées – parmi les «ajouts», sont celles que le Seigneur prononce en Samarie.

La réaction des Samaritains au message du Seigneur en général fut plus sincère que celles des juifs, lesquels par l’envie et la rancœur de ceux de leur temps, se refusèrent à accueillir le Sauveur promis et attendu.

18 juin 1970 – St. Ephrem.

Dans le Poème de l’Homme-Dieu il y a trois figures de voyants – pour le moment je n’en vois pas d’autre – sur la bouche desquels le Seigneur met sa parole, qui est une explication de la vraie mission du messie et du vrai caractère de son Royaume.

La première fois, c’est Saul de Keriot, mort sur la poitrine de Jésus; la deuxième, c’est le Samaritain lépreux, guéri avec les neuf autres, la troisième est Sabéa de Betléchi.

Le discours de Sabéa est plus long, plus complet, plus ardent.

À ces voyants authentiques, qui rapportent les paroles de Dieu, s’opposent les discours de certains ensatanisés, pleins de rancœur, de blasphèmes, d’envie… ainsi par exemple celui de Judas Iscariote quand il fut surpris à voler dans les coffres-forts de Jeanne de Chouza, et d’autres d’Elchias, de Caïphe, de Doras… La lutte entre les ténèbres et la lumière: le témoignage donné à la lumière et le témoignage donné aux ténèbres.

Depuis que j’ai lu et relu le Poème de l’Homme-Dieu de M. Valtorta je n’ai plus le goût des romans biblico-évangéliques. Néanmoins entre hier et aujourd’hui j’ai lu The Centurion de L. Witbuley, une nouvelle, qui peut-être m’aurait passionné avant de connaître le Poème de M. Valtorta, mais qui maintenant m’a seulement intéressé par son style concis, pur, et pour la bonne connaissance que l’auteur possède des coutumes palestiniennes au temps de Jésus.

De nombreuses «conjectures» de la trame de ce roman ne me plaisent pas, spécialement la présentation de Judas et la description de sa trahison. Mais étant convaincu que M. Valtorta «a vu”, d’une façon que je ne réussis pas encore à m’expliquer complètement, tandis que Willebury, de même que Lloyd Douglas, ou L. De Wohl, et d’autres… ont seulement repensé en artistes, plus ou moins grands, les pages de l’évangile, il ne m’est pas permis d’être aussi exigeant.

Personne ne demande aux apocryphes ce que seuls les Évangiles peuvent donner.

L’Autobiographie de M. Valtorta se détache des œuvres similaires, même celles écrites par des saints. Elle est puissante et originale au point de me faire souvent penser à celle de B. Cellini quant au style, robuste, vivace, spontané.

C’est en outre un livre dramatique, parce que le drame se tient dans la nature des choses et des faits: Le drame naît, dirais-je, dans le caractère de sa mère, qui malheureusement n’avait rien ou presque du cœur d’une épouse et d’une mère. La description est tellement vivace de cette femme égoïste se grave dans le lecteur et lui fait lire avec peine les pages de sa fille, de cette fille qui devint «voix» de Jésus et qui écrivit le Poème de l’Homme-Dieu. Quelle différence de caractère entre la mère et la fille! Et quel héroïsme en Maria! Quelle épreuve, quelles croix, quel martyre du cœur!

La famille Valtorta est à l’opposé de celle de St François. Dans cette dernière, le père Pietro di Bernardone ne comprit pas son fils, qui au contraire fut toujours compris par sa mère, la suave Pica; dans la famille Valtorta au contraire, le père aime et comprend sa fille, que la mère par contre ne comprend pas du tout et fait toujours souffrir.

Le cœur de cette femme est encore plus sombre que celui du Prince, père de la moniale de Monza, et on reste très amer en lisant ces pages parce qu’elles ont été écrites, naturellement par obéissance, par la fille.

Style vigoureux et très vivace, foisonnant et coloré, qui peut-être dépasse celui du Poème de l’Homme-Dieu. Des pages riches de pensées et de profondeurs psychologiques, qui nous aident à comprendre la physionomie spirituelle de la porte-parole de Jésus: Maria Valtorta.

Dans les journaux du Père Allegra, on a aussi trouvé la note sur l’article publié en 1961 dans La Civiltà Cattolica, que nous avons reportée dans le chapitre précédent. Elle est écrite au jour le jour, sous les dates des 27 et 28 janvier et des 5, 6, 7, 8 et 9 février 1970.

 

Critique de l’œuvre de Maria Valtorta.

 

En juin 1970, profitant d’un alitement à l’hôpital de Macao, le Père Allegra rédige un rapport sur l’Œuvre de Maria Valtorta dans l’intention de l’illustrer pour d’éventuels traducteurs. Nous la rapportons en omettant la première partie, dans laquelle il reconstruit sommairement l’histoire de l’Œuvre en la basant sur des informations approximatives.

L’Évangile tel qu’il m’a été révélé contient, ou plus exactement, est une série de visions dont fut témoin l’Auteur (Valtorta), comme si elle en avait été contemporaine.

Elle voit et entend donc ce qui concerne la vie de Jésus à partir de la naissance de la Très Sainte Marie, ce qui eut lieu, par une grâce divine, dans un âge avancé d’Anne et Joachim, jusqu’à la Résurrection et l’Ascension du Seigneur, ou mieux, jusqu’à l’Assomption au Ciel de la Vierge Bénie.

En témoin auditif, elle commence par la description de la localisation de la scène qu’elle contemple, elle rapporte les conversations des foules et des disciples puis, en fonction de ce qu’elle voit ou entend, elle décrit les miracles, relate les discours du Seigneur, ou les dialogues de ceux qui sont présents avec Lui ou avec les disciples, ou les dialogues entre eux. Cette ré-évocation de la vie de Jésus, de son temps et de son entourage, dans ses divers aspects physiques, politiques, sociaux, familiaux, est effectuée sans effort. L’Auteur rapporte ce qu’elle a vu ou entendu. Son style ne retentit pas de l’érudition qu’on remarque dans les plus célèbres vies de Jésus. C’est plutôt le rapport d’un témoin oculaire et auditif.

Si Marie Madeleine ou Jeanne de Chouza avaient pu, durant leur vie, voir ce que Maria Valtorta voit, et si elles l’avaient écrit, je pense que leur témoignage ne serait guère différent de celui de L’évangile tel qu’il m’a été révélé.

Maria Valtorta observait avec une telle précision les lieux et les personnages de ses visions que quiconque s’est déplacé en Terre Sainte pour des études et s’est imprégné continuellement des Évangiles n’a besoin d’aucun effort excessif pour reconstruire la scène.

Qu’un romancier ou un auteur de génie puisse créer des personnages inoubliables est un fait connu, mais, des nombreux romanciers ou auteurs qui ont approché l’Évangile pour l’utiliser dans leur création, je n’en connais aucun qui en ait tiré une telle richesse et en ait tracé avec une telle force et de façon si plaisante les figures de Pierre, de Jean, de Marie Madeleine, de Lazare, de Judas – spécialement de Judas et de sa tragique et pitoyable mère, Marie de Simon – et de tant et tant d’autres (et je ne parle pas maintenant de Jésus et de Marie), comme le fait Maria Valtorta le plus naturellement et sans le moindre effort.

Je pense que de nombreux lecteurs du Poème se sont bien souvent interrompus pour réfléchir et, comme M. Vinivio alors qu’il écoutait la réévocation de la Passion du Seigneur faite par St Pierre à l’Ostrianum, ont dit: celle-ci a vu.

 

Les discours.

Ce qui est le plus impressionnant, du moins pour moi, ce sont les discours du Seigneur. Bien évidemment ce sont tous ceux qui sont dans les saints Évangiles, mais développés, de même que sont développés bon nombre de thèmes qui dans les Évangiles sont à peine esquissés ou évoqués. Il y a en outre, beaucoup d’autres discours relatés, qui ne sont pas dans les Évangiles mais que les circonstances conduisent Jésus à prononcer.

Ceux-là aussi sont bâtis comme les précédents (ceux trouvés dans les Évangiles). C’est le même Seigneur qui parle, soit qu’Il adopte le style de la parabole – L’évangile tel qu’il m’a été révélé comporte quelque 40 paraboles, soit le style d’exhortation, ou le style prophétique, ou finalement lorsqu’Il utilise le style sapientiel en usage parmi les rabbins à son époque du Nouveau Testament.

Donc, à côté des grands discours des Évangiles (comme celui sur la Montagne, celui de l’envoi en Mission, le discours eschatologique, ceux de la dernière Semaine et de la dernière Cène), il y en a dans L’évangile tel qu’il m’a été révélé… des autres, c’est-à-dire ceux qui expliquent le Décalogue, les œuvres corporelles et spirituelles de pitié, ou ceux qui constituent des instructions spécifiques pour les hommes et les femmes disciples, aux personnes en particulier, et aux auditeurs juifs ou gentils… Finalement il y a les discours sur le Royaume de Dieu ou plus clairement sur l’Église, prononcée avant la Passion (comme le colloque entre le Seigneur et son frère/cousin Jacques, sur le Carmel), et ceux qui sont ensuite développés après la Résurrection, alors que le Seigneur parle aux Apôtres et aux disciples sur le Tabor, et sur un autre mont de Galilée, dont le thème est indiqué dans St Luc par la simple phrase «parlant du Royaume de Dieu».

Considérant le contenu traité dans ces discours, on y trouve tout le contenu de la Foi, la Vie, et l’Espérance chrétiennes. Le ton et le style ne se démentent jamais, et restent toujours le même, clair, fort, prophétique, parfois plein de majesté, parfois débordant de tendresse. J’en fournirai quelques exemples.

Nous connaissons l’effort des plus grands exégètes pour situer et expliquer dans leur contexte par exemple le colloque avec Nicodème, le discours sur le Pain de Vie, ou les discours de polémique théologique prononcés à Jérusalem : combien d’efforts réalisés, et combien variés ! Dans L’évangile tel qu’il m’a été révélé leur connexion est spontanée, naturelle, comme découlant logiquement des circonstances.

 

Les faits.

Ce qui est dit des discours est valide pour les miracles. Dans L’évangile tel qu’il m’a été révélé il y en a tant, que l’Évangile regroupe en une phrase : et Il les soignait et les guérissait tous (Matthieu 8,16). Il y a aussi quelques faits auxquels ni les exégètes, ni les romanciers, ni les apocryphes n’avaient songé. Par exemple, l’évangélisation de la Judée dont il est fait allusion en St Jean (Jean 3,22) au début du ministère de Jésus ; l’apostolat miséricordieux du Seigneur en faveur des Samaritains, des pauvres, des paysans de Doras ou de Giocana, des habitants du pauvre quartier d’Ophel, des voyages continuels du Maître à travers tout le territoire des douze anciennes tribus, et le complot ourdi par les uns de bonne foi, et par beaucoup de mauvaise foi pour Le proclamer Roi, et ainsi Le détruire plus facilement par les mains romaines – un plan auquel Jean (6,14-15) fait très sobrement allusion.

Et comment oublier l’héroïque fidélité des douze bergers de Bethléem et le double emprisonnement du Baptiste ? Et ceux convertis par le converti Zachée, et ceux que Jésus sauva matériellement, comme Sintica, Aurea Galla, Benjamin de Aenon ?

Ou encore les dernières voix prophétiques du peuple élu : Sabéa de Betlechi, le lépreux samaritain guéri, Saul de Kerioth ? Ou comment oublier les relations de Jésus avec Gamaliel, avec quelques membres du Sanhédrin, avec un groupe de femmes païennes gravitant autour de Claudia Procula, la femme de Ponce Pilate ?

Ou l’histoire et la figure de Marie Madeleine, ou du jeune Marziam ?, ou celle de chaque Apôtre, dont le caractère personnel s’imprime de façon indélébile dans le cœur du lecteur attentif : tout spécialement ceux de Jean, Pierre et Judas et de sa pieuse et malheureuse mère ?

 

Le monde palestinien.

Et combien n’en avons-nous appris de la politique, la religion, l’économie, la vie sociale et familiale de la Palestine au Ier siècle de notre ère, même à partir des discours des plus humbles -et surtout d’eux, – que rapporte Maria Valtorta, témoin oculaire et auditif !

On peut dire que dans cette œuvre le monde palestinien du temps de Jésus revient vivre devant nos yeux, tandis que le meilleur et le pire du caractère du peuple élu – le peuple des excès et méprisant toute médiocrité – jaillit vivant devant nous.

 

La révélation privée.

L’évangile tel qu’il m’a été révélé nous est présenté comme le complément des quatre Évangiles et une longue explication d’eux ; Maria Valtorta illustre les scènes de l’Évangile : explication et complément, justifiés en partie par les mots de St Jean: «Il y a beaucoup d’autres prodiges que Jésus fit devant ses disciples, qui ne figurent pas dans ce livre…» (Jean 20,30) et «Jésus fit beaucoup d’autres choses qui, si elles devaient être écrites une à une, je pense que le monde entier ne pourrait contenir les livres à écrire» (Jean 21,25).

Explication et complément, justifiés, je le répète, seulement en partie ou en principe, étant donné que, du point de vue historico-théologique, la Révélation a été close avec les Apôtres, et tout ce qui est ajouté au dépôt révélé, même s’il ne le contredit pas mais le complète heureusement, pourra au mieux être le fruit d’un charisme individuel qui impose de faire confiance en celui qui le reçoit, comme aussi à ceux qui croient que c’est une question de vrai charisme ou charismes – qui dans notre cas devrait être un charisme de révélation, de vision, et de discours de sagesse et de discours de savoir (1 Corinthiens 12,8 ; 2 Corinthiens 12,1…)

En bref, l’Église n’a pas besoin de cette œuvre pour dérouler sa mission salvifique jusqu’à la seconde venue du Seigneur, de même qu’Elle n’avait pas besoin des apparitions de la Madone à la Salette, à Lourdes, à Fatima… Mais l’Église peut tacitement ou publiquement reconnaître que certaines révélations privées peuvent être utiles pour la connaissance et la pratique de l’Évangile et la compréhension de ses mystères, et aussi, Elle peut les approuver dans une forme négative, c’est-à-dire en déclarant que les révélations ne sont pas contraires dans leur libellé à la Foi. Ou Elle peut les ignorer officiellement, laissant à ses fils pleine liberté de jugement.

C’est dans la forme négative que les révélations de Ste Brigitte, Ste Mathilde, Ste Gertrude, de la vénérable Marie d’Agreda, de St Jean Bosco et de tant d’autres saints ont été approuvées.

 

Comparaison avec d’autres œuvres.

Quiconque commence à lire L’évangile tel qu’il m’a été révélé avec un esprit honnête et avec application peut voir par lui-même l’immense distance qui existe entre l’ouvrage de Maria Valtorta et les Évangiles Apocryphes ; spécialement l’Enfance apocryphe et l’Assomption apocryphe. Et il peut aussi noter quelle distance il y a entre cet ouvrage et ceux des vénérables Catherine Emmerich, Marie d’Agréda, etc.

Dans les écrits de ces deux dernières voyantes, il est impossible de ne pas ressentir de tierces personnes, influence qui me semble tout au contraire absolument exclue de L’évangile tel qu’il m’a été révélé.

Pour s’en convaincre, il suffit de faire une comparaison entre la vaste et sûre doctrine – théologique, biblique, géographique, historique, topographique – qui remplit chaque page de L’évangile tel qu’il m’a été révélé, et les mêmes matériaux des ouvrages visionnaires mentionnés ci-dessus.

Je ne parle pas des ouvrages littéraires, car il n’y en a pas qui couvrent la vie de Jésus de la Naissance jusqu’à l’Assomption de la Madone, ou du moins je n’en connais aucun. Mais même si nous nous en tenons à la trame des plus célèbres tels : Ben Hur, La Tunique (The Robe), Simon le pêcheur (The Great Fisherman), Le Calice d’argent (The Silver Chalice), La lance (The Spear)…, ceux-là ne pourraient supporter la comparaison avec le plan de montage naturel et spontané vis à vis du contexte, des événements et des caractères de tant de personnages – une véritable foule ! – qui forme la structure puissante de L’évangile tel qu’il m’a été révélé.

Je le répète, c’est un monde extrait de la vie, et Maria Valtorta le maîtrise comme si elle possédait le génie d’un Shakespeare ou d’un Manzoni. Mais pour les œuvres de ces deux grands hommes, combien d’études, combien de veilles, combien de réflexions furent nécessaires !

Au contraire, Maria Valtorta, même si elle possédait une intelligence brillante, une mémoire prompte et solide, n’avait même pas terminé ses études secondaires ; elle fut pendant des années et des années affligée de diverses maladies et clouée au lit, avait peu de livres – la totalité tenant sur deux étagères de son armoire – n’avait lu aucun des grands commentaires de la Bible – ce qui aurait justifié ou expliqué son étonnante culture scripturaire ; elle utilisait une simple version populaire de la Bible. Et malgré tout elle écrivit les 10 volumes de L’évangile tel qu’il m’a été révélé de 1943 à 1947, en 4 ans !

 

Détails saisissants.

Nous savons combien la masse de recherches que les érudits ont effectuées, spécialement les chercheurs juifs, pour établir diverses cartes de géographie politique de la Palestine, depuis le temps des Maccabées jusqu’à l’insurrection de Bar Kokba.

Pendant plus de 20 années ils ont dû consulter un monceau de documents ; Le Talmud, Flavius Josèphe, les inscriptions, les traditions, les anciennes voies… Et encore, l’identification de bon nombre de localités demeure incertaine.

Dans L’évangile tel qu’il m’a été révélé, quelque puisse être le jugement porté sur son origine, il n’y a pas d’incertitude. Au moins 4 fois sur 5, des études récentes confirment les identifications supposées dans l’ouvrage de Maria Valtorta, et ce nombre grandirait, je le pense, si quelque spécialiste acceptait d’étudier cette question à fond.

Par exemple Valtorta voit les embranchements de routes, les pierres milliaires, la variété des cultures, en correspondance avec la nature du terrain, tant de ponts Romains traversant les rivières ou les cours d’eau, les sources alimentées en certaines saisons, et asséchées en d’autres.

Elle note les différences de prononciation entre divers habitants de différentes régions de Palestine, et une masse d’autres choses qui rendent perplexe le lecteur, ou au moins lui donne à réfléchir.

Il y a une série de visions dans lesquelles le mystère de la naissance de Jésus, de son agonie, de sa passion et de sa résurrection sont décrites avec des mots et des images célestes, avec une éloquence angélique, tandis que d’autre part, une si grande lumière est projetée sur le mystère de Judas, sur la tentative de proclamer Jésus roi, sur ses deux frères/cousins qui ne croient pas en Lui, sur l’impression éveillée des gentils à son égard, sur son amour pour les lépreux, les pauvres, les personnes âgées, les enfants, les Samaritains, et tout spécialement sur son Amour si ardent et délicat, pour sa Mère Immaculée.

Et non seulement du point de vue humain, mais spécialement de celui théologique. Qui peut rester indifférent en lisant les deux chapitres de la désolation de sa très sainte Mère après la tragédie du Calvaire, qui nous révèle combien la Co-Rédemptrice a été tentée par Satan, et combien son Fils Rédempteur a été tenté ?

La théologie sublime de ces deux chapitres peut être comparée à celle de tant de lamentations (Planctus) de la Mère des Douleurs.

 

Harmonie historique et doctrinale.

De nos jours des exégètes, même catholiques, prennent les plus étranges et audacieuses libertés en ce qui concerne l’historicité de l’Évangile de l’Enfance et des narrations de la Résurrection, comme si avec la «Forme Critique» [«Formgeschichte»] et la Méthode de Rédaction Critique [«Redaktions geschichte Methode»], on trouve la panacée à toutes difficultés, difficultés qui ne furent pas ignorées des Pères de l’Église.

En vérité, pour ne parler que de quelques uns des plus récents exégètes tels Fouard, Sepp, Fillion, Lagrange, Ricciotti … sur ces points difficiles ils ont dit leurs paroles lumineuses et équilibrées. Mais aujourd’hui, autres sont les maîtres que même les nôtres suivent avec confiance…

Bien, pour en revenir à nous, j’invite les lecteurs de L’évangile tel qu’il m’a été révélé à lire la page consacrée à la Résurrection, à la reconstruction des événements du jour de Pâque, et ils constateront comme tout y est harmonieusement relié, – ce que justement tant d’exégètes qui suivent la méthode critique historico-théologique ont tenté de faire, mais sans y parvenir complètement.

De telles pages ne dérangent pas, mais réjouissent le cœur du fidèle et renforcent sa foi !

 

Langage.

Mais il y a une autre surprise : cette femme du XXe siècle qui, bien que confinée sur son lit de peine, devint l’heureuse contemporaine et disciple du Christ, entendit les Apôtres et Jésus parler en italien, mais dans un italien «araméisant“ – sauf à certains moments qu’elle note soigneusement, c’est-à-dire quand Jésus ou les Apôtres prient en Hébreux ou en araméen.

De plus, le Seigneur, la Madone, les Apôtres, même quand ils traitent de questions relatives au Nouveau Testament, adoptent le langage théologique d’aujourd’hui, qui est le langage initié par le premier grand théologien, St Paul, et enrichi tout au long de tant de siècles de réflexions et de méditations, et qui est alors devenu précis, clair et irremplaçable.

Il y a donc dans l’ouvrage de Maria Valtorta une transposition, une traduction de la Bonne Nouvelle annoncée par Jésus dans le langage de l’Église d’aujourd’hui, une transposition voulue par Lui, étant donné que la voyante était privée de toute formation technique théologique. Et cela a pour but, je pense, de nous faire comprendre que le message de l’Évangile annoncé aujourd’hui par Son Eglise d’aujourd’hui, avec le langage d’aujourd’hui, est substantiellement identique à celui de Son propre Enseignement d’il y a vingt siècles.

 

Le phénomène Valtorta.

Un ouvrage imposant, composé dans des circonstances exceptionnelles, et dans un temps relativement très bref ; voici un aspect du phénomène.

L’Auteur confesse sans cesse qu’elle est simplement un «portevoix», un «phonographe», une qui écrit ce qu’elle voit et entend, tandis qu’elle est «clouée au lit».

D’où, selon elle, L’évangile tel qu’il m’a été révélé n’est pas d’elle, ne lui appartient pas, il lui est dévoilé, montré. Elle ne fait rien d’autre que de décrire ce qu’elle a vu, de rapporter ce qu’elle a entendu, tout en participant aux visions avec tout son cœur de femme et de chrétienne fidèle.

De sa participation intime est née l’aversion qu’elle ressent envers Judas, et, à l’opposé, l’intense affection qu’elle éprouve pour Jean, pour la Madeleine, pour Sintica…, et je ne parle même pas du Seigneur Jésus ou de la très sainte Madone envers lesquels, par moments, elle déverse son cœur et son amour en des termes de lyrisme passionné digne des plus grands mystiques de l’Église.

Dans les dialogues et les discours, qui forment l’ossature de l’œuvre, il y a, en plus de l’inimitable spontanéité (les dialogues) quelque chose d’antique et parfois hiératique (les discours). En résumé, on y entend une excellente traduction de la façon de parler hébraïque ou araméenne, dans un italien vigoureux, multiforme et robuste.

Il faut à nouveau remarquer que dans la structure de ces discours, Jésus se meut ou dans le sillage des grands Prophètes, ou s’adapte à la méthode des grands rabbis qui expliquaient l’Ancien Testament en l’appliquant aux circonstances contemporaines.

Permettez-nous de rappeler le «Pesher” (l’interprétation) d’Habacuc découverte à Qûmran et de la comparer, au-delà des mots, à celle que Jésus nous donne.

Nous pouvons également comparer d’autres explications que le Seigneur nous donne d’autres passages de l’Ancien Testament, et pour lesquels nous possédons, en tout ou en partie, les commentaires des rabbis des IIIème ou IVème siècle, mais qui évidemment suivent un style de composition beaucoup plus ancien, et probablement contemporain de Jésus.

À côté d’une similitude de forme externe, nous percevrons une telle supériorité de profondeur, de substance, que nous comprendrons finalement pleinement pourquoi les foules disaient : «Personne n’a parlé comme cet Homme».

 

Un cadeau du Seigneur.

Je retiens que l’œuvre (de Maria Valtorta) requiert une origine supra naturelle. Je pense que c’est le produit d’un ou plusieurs charismes et qu’il devrait être étudié à la lumière de la doctrine des charismes, tout en faisant usage aussi des contributions des récentes études de psychologie et des sciences affines, qui certainement n’ont pas pu être connues par des théologiens anciens tels Torquemada, Lanspergius, Scaramelli, etc.

C’est la caractéristique des charismes que d’être prodigués par l’Esprit de Jésus pour le bien de l’Église, pour l’édification du Corps du Christ, et je ne vois pas comment il peut être raisonnablement nié que L’évangile tel qu’il m’a été révélé édifie et enchante les fils de l’Église.

Sans aucun doute la Charité est la voie par excellence (1 Corinthiens 13,1) ; il est aussi bien connu que certains des charismes qui abondaient dans l’Église primitive sont devenus plus rares ensuite. Mais il est tout aussi certain qu’ils ne se sont jamais totalement éteints.

L’Église, au long des siècles, doit vérifier s’ils viennent de l’Esprit de Jésus, ou s’ils sont une dissimulation de l’esprit des ténèbres prenant l’allure d’un ange de lumière : «Éprouvez les esprits pour voir s’ils sont de Dieu» (1 Jean 4,1)

Maintenant, sans anticiper le jugement de l’Église, que dès à présent j’accepte avec une absolue soumission, je me permets d’affirmer qu’étant donné que le principal critère de discernement des esprits est le mot du Seigneur : «À leurs fruits vous les reconnaîtrez…» (Matthieu 3,20), et L’évangile tel qu’il m’a été révélé produisant de bons fruits dans un nombre toujours croissant de lecteurs, je pense que cela vient de l’Esprit de Jésus.

Père Gabriel Allegra Gabriele-M. (o.f.m.)

Daniel

Related Post

Leave A Comment

Name

Website

Comment