Le sabbat – שבת.

Shabbat veut dire se reposer. Il célèbre la sanctification du septième jour par Dieu au terme de sa Création (Genèse 2, 3).
Le repos hebdomadaire fait partie des dix commandements donnés par Dieu à Moïse (Exode 20, 8-11Deutéronome 5, 12-14). Cette prescription est reprise, avec d’autres, sur les nouvelles tables de la Loi remplaçant celles que Moïse avait brisées de colère (Exode 34, 21). Dans le catholicisme, c’est le troisième ou quatrième commandement, selon les versions.
Selon les divisions de la journée en usage dans le judaïsme, le sabbat durait du vendredi soir 18 heures, jusqu’au samedi 18 heures. La liturgie chrétienne conserve cette division de la journée : la messe anticipée du samedi soir équivaut à celle du dimanche matin.

Pessah (Pâque) – פסח.

La Pâque est la première fête de l’année  « le premier mois, le quatorze du mois, au coucher du soleil » (Lévitique 23,5), soit à partir du 14 nissan au soir (de fin mars à début avril selon les années).
Elle fusionne l’ancienne Pâque hébraïque, jour où l’on célèbre la sortie des Hébreux d’Égypte en immolant un agneau d’un an, suivie de la fête des azymes au terme de laquelle on offrait la première gerbe d’orge (omer).
Maria Valtorta décrit longuement les usages et les rituels dans sa narration de la troisième Pâque du Seigneur [1]EMV 372, la dernière avant celle de la Passion l’année suivante.

La Parascève.

Le 14 Nissan au soir on effectue l’offrande pascale en consommant l’agneau immolé. C’est la cérémonie relatée par l’Évangile sous le vocable de la dernière Cène [2]Cf. Matthieu 26,19-30; Marc 14,17-26; Luc 22,13-38; Jean 13,1 jusqu’à 17, 26; 1 Corinthiens 11,23-25.[1]. Maria Valtorta emploie aussi le mot de Parascève (préparation en grec) et décrit très exactement le rituel pascal [3]EMV 600..

La fausse contradiction des Évangiles.

On a cru relever une contradiction dans les Évangiles.
Arrêté dans la nuit, Jésus est conduit le lendemain devant Ponce Pilate. Les membres du Sanhédrin ne veulent pas entrer dans son palais car ils se sont purifiés pour la Pâque qui interviendra le lendemain, jour de sabbat. Jean le dit [4]Cf. Jean 19,14-31.. Il y a donc une contradiction apparente entre une Pâque qui se tient le vendredi pour les uns (Jésus) et samedi pour les autres (Le Sanhédrin).
Mais là encore, cette contradiction que reprend Maria Valtorta, est signe d’authenticité. En effet, le Lévitique 23,15 préconisait de faite l’offrande de la gerbe (Omer) au jour suivant la Pâque, soit au commencement du sabbat si la Pâque se tenait du jeudi au vendredi soir. Un rite de récolte totalement incompatible avec le repos sabbatique, c’est pourquoi dans ce cas, la Pâque était décalée d’un jour comme le Sanhédrin le confirme à Pilate. Ce rituel ne s’imposait qu’au Temple en charge des rituels, mais non aux galiléens ou aux juifs de la Diaspora qui continuaient à suivre le rite mosaïque.

La seconde Pâque.

Pour ceux qui sont empêchés de participer à la Pâque, Moïse instaura la Pâque supplémentaire ou seconde Pâque (Pessa’h Sheni) qui avait lieu un mois après et dans les mêmes conditions (Nombres 9, 6-12).
C’est à cette seconde Pâque que se réfère la mention de Luc 6, 1 sur le « sabbat second-premier [5]Dans la Vulgate de Saint Jérôme : Factum est autem in sabbato secundoprimo cum transiret per sata vellebant discipuli eius spicas et manducabant confricantes manibus. ». Cette fête tomba en désuétude après la chute du Temple si bien qu’au IVe siècle, quand Jérôme de Stridon traduisit sa Vulgate, il mentionna l’indication de Luc sans l’expliquer. Saint Grégoire de Naziance qu’il consulta, ne pouvait le faire non plus. Aujourd’hui, faute d’explication fiable, certains Bibles ont fini par omettre cette mention. C’est le cas de la Nova Vulgata. C’est une Illustration de plus de ce commentaire de Jésus à Maria Valtorta :

Comprends combien vingt siècles ont pu priver l’Évangile des apôtres de certaines parties, certes sans dommage pour la doctrine, mais pour la facilité à comprendre l’Évangile [6]Les Cahiers de 1945 à 1950, 17 mai 1945..

Maria Valtorta ne donne pas d’explication sur la seconde Pâque car elle ne faisait que retranscrire ce qu’elle voyait et entendait, mais Jean-François Lavère a noté que « le premier sabbat après la seconde Pâque » mentionné par Luc 6, 1,  correspond tout à fait à la maturité des blés à l’approche de la fête des moissons (Pentecôte), telle qu’on le voit dans la scène de Jésus maître du sabbat [7]EMV 217. Le calendrier concorde :

La chronologie valtortienne semble fournir un indice déterminant : d’après les descriptions de la mystique, cet épisode des épis volés se déroule sans conteste le samedi 6 mai 28, soit deux semaines avant la Pentecôte (ou la fête des moissons, aussi appelée fête des Semaines – Chavouoth), et qui eut lieu le samedi 20 mai cette année-là. Or ce samedi 6 mai 28 se trouve être le premier sabbat après la seconde Pâque [8]L’énigme Valtorta, Tome 2, page 206..

La fête des Azymes.

Du 15 Nissan au 21 Nissan se déroule pendant 7 jours la fête des Azymes durant laquelle on s’abstient de toutes céréales pour ne manger que des aliments azymes, non levés (Lévitique 23, 5-8).
Le lendemain du sabbat des Azymes, on fête la première gerbe d’orge. L’autre nom du mois de nissan, quoique plus rare, est Aviv (Abib). Il désigne l’orge.

Shavouot (Pentecôte) חג השבועות.

Au mois de Siwân (mai-juin), sept semaines après la fête de la première gerbe d’orge (voir ci-dessus), on fête le début de la moisson du blé. Elle est autrement appelée Pentecôte [9]Pentecôte veut dire, en grec, cinquantième jour (Pentêkostề hêméra)., ou fête des premiers fruits. C’est l’une des trois fêtes de pèlerinages des juifs vers le Temple. Elle clôt le cycle pascal.
Elle est mentionnée dans Exode 23, 16-17.
C’est la fête du don de la Torah aux Hébreux sur le Sinaï. On en fait la lecture annuelle.
Elle symbolise les sept semaines qui ont séparées la sortie « de la maison de servitude », de la rencontre de Moïse avec Yahvé sur le Sinaï. Shavouot veut dire semaines en hébreu.
C’est à ce jour qu’eut lieu la première Pentecôte chrétienne au cours de laquelle les apôtres, en prière au Cénacle avec Marie, reçurent l’Esprit saint (Actes des apôtres, chapitre 2).

Rosh ha-Shana (Le Nouvel An) ראש השנה.

Cette fête dure les deux premiers jours de Tishri (septembre – octobre). Elle rappelle la création du monde. La sonnerie du schofar (chofar), une corne de bélier, inaugure cette fête en rappelant aux fidèles le sacrifice d’Isaac. Elle commémore aussi le jour du jugement de l’humanité, c’est pourquoi les dix jours suivant sont des jours de pénitence qui culminent avec le Grand Pardon (Yom Kippour) où l’on observe un jeûne complet, jusqu’à un jeûne de la parole.
L’Exode 12, 2 fait cependant commencer l’année au mois de Nissan. On ne remarque pas de cérémonie particulière au 1 Tishri dans l’Oeuvre de Maria Valtorta.

 Yom ha-Kippour (La fête du Grand Pardon) יום כיפור.

Cette fête est marquée par un jour de pénitence et de jeûne. C’est le Sabbat des Sabbats. À l’époque du Temple, c’était le jour où le Grand Prêtre pénétrait dans le Saint des Saints et envoyait dans le désert le « bouc émissaire » chargé de tous les péchés d’Israël (Lévitique 16, 1-28).
Maria Valtorta rapporte une cérémonie du bouc émissaire chez les phéniciens de Magdalgad [10]EMV 220. Mais c’est un rite païen destiné à obtenir une guérison. Cela se passe en mai.

Soukkot (fête des Tentes) סוכות.

Elle est appelée aussi fête des Tabernacles dans Maria Valtorta.
Avec Pessah et Shavouot, c’est la troisième fête de pèlerinage des juifs au Temple (Cf. Exode 23,14-17 et Deutéronome 16,13-17.). Elle se déroule cinq jours après le Grand Pardon et pour sept jours du 15 au 22 Tishri (septembre-octobre).
À l’origine, Soukkot fêtait les récoltes et clôturait le cycle agricole annuel. Elle fut étendue à la commémoration des tentes sous lesquelles vécut le peuple d’Israël durant son exode et à la tente qui abritait l’Arche d’alliance (Lévitique 23, 34-43). Maria Valtorta emploie le mot tabernacles.
En souvenir de l’exode, on habitait pendant sept jours dans des cabanes de branchages. Selon le descriptif de Maria Valtorta, les galiléens se regroupaient dans le « champ des galiléens » sur le Mont des oliviers [11]EMV 3..
Les cabanes de branchages étaient faites d’un assemblage de quatre sortes de branchages selon les prescriptions du Lévitique 23, 40 : « des fruits d’un arbre magnifique, des rameaux de palmier, des branches d’arbres touffus et de saules des torrents ».

Pourim (fête d’Esther) פורים.

La fête des Pourim (ou des sorts) se célèbre le 14e jour d’Adar (février – mars). Elle commémore la délivrance des Juifs de Perse qui échappèrent au complot d’Aman grâce à la victoire d’Esther et de Mardochée sur lui. (Esther 9, 21-28). Aman projetait d’exterminer tous les juifs et avait « tiré au sort » la date du massacre.
Cette fête est marquée par des repas de fêtes et des cadeaux faits aux enfants qui accompagnent la lecture du livre d’Esther.

Destruction du Temple.

La commémoration de l’incendie de Jérusalem et de la destruction du Temple a lieu le 9e jour d’Ab. C’est la fête la plus triste du calendrier.
Elle ne concerne pas Maria Valtorta qui rapporte la vie de Jésus avant la destruction du Temple. Mais Jésus la prédit [12]EMV 596.21..

Hanoukka (fête de la Dédicace ou fête des lumières) חנוכה.


Elle est appelée Encénies dans Maria Valtorta.
Elle commence le 25 Kisleu (correspondant approximativement au début du mois de décembre) et dure huit jours, jusqu’au 2 ou 3 Tébeth, selon la longueur variable de Kisleu. Elle célèbre la purification du Temple par Judas Maccabée en 164/5 av. J.C. Le nom de Fête des Lumières lui vient de ses traits prédominants.
Cette nouvelle dédicace eu lieu trois ans jours pour jours après la profanation d’Antiochus Épiphane : 1 Maccabées 1, 54-641 Maccabées 4, 52-59 :
Les huit jours que dure cette fête, à la tombée de la nuit, chaque famille allume une bougie supplémentaire sur le chandelier à huit branches pour commémorer le miracle de la Dédicace où une seule cruche d’huile aurait suffi à alimenter pendant huit jours le chandelier du Temple. La lampe doit être placée de préférence devant une fenêtre au vu de tous.
Dans Maria Valtorta c’est l’occasion de cadeaux et de repas améliorés dans une ambiance familiale [13]EMV 310.
Elle emploie le mot grec « Encénies ». Ce terme, synonyme de « Dédicace », désigne la fête d’Hanoukka dans l’Évangile de Jean 10, 22. La Vulgate l’emploie : facta sunt autem encenia in Hierosolymis et hiemps erat.
Ce terme est passé dans le christianisme, sous le Pape Felix III (483-492), pour désigner l’inauguration d’une église.
Dans le judaïsme, outre la Dédicace de Judas Maccabée, il y avait celle du Temple par Salomon (1 Rois, chapitres 7 et 8) et celle que fit Zorobabel au retour de captivité (Esdras chapitre 3).

Notes   [ + ]

1. EMV 372
2. Cf. Matthieu 26,19-30; Marc 14,17-26; Luc 22,13-38; Jean 13,1 jusqu’à 17, 26; 1 Corinthiens 11,23-25.
3. EMV 600.
4. Cf. Jean 19,14-31.
5. Dans la Vulgate de Saint Jérôme : Factum est autem in sabbato secundoprimo cum transiret per sata vellebant discipuli eius spicas et manducabant confricantes manibus.
6. Les Cahiers de 1945 à 1950, 17 mai 1945.
7. EMV 217
8. L’énigme Valtorta, Tome 2, page 206.
9. Pentecôte veut dire, en grec, cinquantième jour (Pentêkostề hêméra).
10. EMV 220
11. EMV 3.
12. EMV 596.21.
13. EMV 310