Dans la Bible, Dieu est désigné sous trois noms :

  • Él qui peut prendre la forme de Eloha ou Elohîms. C’est un mot commun à tous les peuples sémitiques. Élohîms en est le pluriel et la forme la plus usitée.
  • Adonaï, pluriel de Adôn, veut dire Maître. Il est traduit par Kyrios en grec, Dominus en latin et Seigneur en français.
  • IHVH, (יהוה) ou Tétragramme, est le nom propre de Dieu. Il est composé, de droite à gauche, par les consonnes suivantes : yōḏ (י), hē (ה), wāw (ו) et hē (ה). Il entre dans la composition de beaucoup de noms sous la forme abrégée de Yah ou de Yahou.

Ce nom fut donné à Moïse sur le Sinaï :

Exode 3,13-15
Moïse dit à Dieu: « Voici, je vais trouver les Israélites et je leur dis: « Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous. » Mais s’ils me disent : « Quel est son nom? », que leur dirai-je? ». Dieu dit à Moïse: « Je suis celui qui est. » Et il dit: « Voici ce que tu diras aux Israélites : « Je suis » m’a envoyé vers vous. ». Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux Israélites: « IHVH, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob m’a envoyé vers vous. C’est mon nom pour toujours, c’est ainsi que l’on m’invoquera de génération en génération. »

 La place du nom divin dans la liturgie et dans la vie quotidienne.

Il est impossible de savoir exactement comment le Tétragramme était prononcé à l’époque biblique car il était considéré comme ineffable en référence au commandement de Dieu :

Tu n’invoqueras pas le nom de YHWH ton Dieu en vain (Exode 20,7).

Il n’était jamais employé dans les lectures publiques. On le remplaçait le plus souvent par Adonaï ou HaChem (le Nom). Ce respect dû au nom divin n’est pas inconnu de Maria Valtorta. Jacques, le cousin de Jésus, le rappelle :

Nous sommes de bons Israélites, et nous craignons Dieu, presque au point de ne pas pouvoir dire son Nom. Et de penser que, si l’homme du peuple élu, l’homme fils de Dieu ne peut pour ainsi dire pas prononcer le Nom béni et crée des termes de remplacement pour nommer son Dieu, de penser que Satan puisse oser nuire à Dieu, cela nous paraît une pensée blasphématrice (EMV 515).

Il ne semble pourtant pas que l’interdiction ait toujours existé, du moins en dehors de la liturgie publique. En effet, le large usage des noms « théophores » est incompatible avec cette interdiction. Ils incluent le nom ineffable dans sa forme Yah ou Yahou :

  • Abdias (‘Obadyah), Adonias (Adonyahou), Amasias (Amaşyahou), Ananie (Hananyah), Athalie (‘Atalyah), Élie (Élyahou), Ézéchias (Hizqyahou), Godolias (Guedalyahou) Isaïe (Iesha’yahou), Josias (Ioshyahou), Jérémie (Irmeyahou), Joachim (Yekhonya), Matthieu (Matyah) ou Mathias (Matityah), Néhémie (Nehèmyah), Ochozias (Ahazyahou), Ozias (‘Ouzyahou), Sédécias (Sidpyahou), Sophonie (Şephanyah), Tobie (Tobyah), Urie (Ouryah), Zacharie (Zekharyah).

On se doute que ces noms, et leur signification, pouvaient fort bien être mêlés à des altercations comprenant injures et menaces.
Le mot « Alléluia », introduit après l’exil, veut dire littéralement « Louez Yah ! » et nomme Dieu soit par sa première et dernière lettre, soit par sa première syllabe, selon les hypothèses de prononciation (Jéhovah ou Yahvé).
Le nom même de Jésus YEHOSHUAH (Yeho + Schua) comprend presqu’intégralement le nom divin YEHO..AH comme le signale par deux fois l’œuvre inspirée de Maria Valtorta.
Dans l’Église catholique on préconise de ne plus prononcer Yahvé dans les textes bibliques, mais d’employer à la place l’expression le Seigneur selon l’usage de la Vulgate, dans la suite de la Septante, où le Tétragramme est transcrit par Κύριος (Kyrios, Seigneur).
La Bible de Jérusalem emploie le nom de Yahvé pas moins de 5.796 fois, mais la Nouvelle Vulgate (Nova Vulgata) a repris l’usage liturgique du judaïsme en le remplaçant par Dominus (Seigneur).
On trouve aussi employé assez couramment le terme de l’Éternel dans la tradition protestante. On le trouve de même dans l’Œuvre de Maria Valtorta aux côtés du terme le Très-Haut.

 Jéhovah ou Yahvé ?

Jusqu’au XXème siècle, les exégètes ont d’abord traduit le Tétragramme par Jéhovah en reprenant l’usage des massorètes (ceux qui font une étude critique de la Bible). Il est maintenant considéré comme obsolète au motif qu’il serait formé de la juxtaposition du Tétragramme et de son substitut de lecture, Adonaï. C’est d’ailleurs dans un idéogramme, qui fond les deux noms, qu’il apparaît dans la Bible Chouraqui.
On le remplace désormais par celui de Yahvé sous la foi de ces hébraïsants. Toutefois la Bible du chanoine Augustin Crampon (1894-1904), exégète réputé et auteur de la première Bible « scientifique » catholique, conserve le mot « Jéhovah ».
Dans l’œuvre de Maria Valtorta, pourtant contemporaine de ce nouvel usage, le Tétragramme est traduit, dans les originaux italiens, par Geovè, Geovà, Geavè ou Javé (Jéhovèh, Jéhovàh, Jéhavèh ou Yahvèh). On remarque que les expressions se rapprochant tantôt de Jéhovah, tantôt de Yahvé. Les deux appellations semblent donc coexister.
L’Œuvre confirme plusieurs fois (voir ci-dessous) que le Nom propre de Dieu est bien Jéhovah, mais que sa prononciation variait selon les régions. Ce sont ces accents qui expliquent que l’on puisse prononcer différemment Jéhovah. En marge d’un épisode, Maria Valtorta le note :

Jéhovèh : “Les Galiléens, dont le dialecte est plus doux, prononcent ‘Djéhovè’, avec un ‘dj’ très doux, presque un ‘sgi’. Les Judéens : ‘Yavè’, dur, tranchant” (EMV 59.5).

Autrement dit, certains prononçaient Jéhovah et d’autres Yavhé. On sait que dans la Bible, le terme chibolet, l’épi (shibboleth), servait à différencier l’origine des combattants (Juges 12,6).
Tout est donc dans la vocalise ouverte ou fermée des voyelles qui peut donner des résultats allant du o au a en passant par tous les intermédiaires, dont le è, ainsi que dans la prononciation longue ou ramassée, ce que l’on retrouve par exemple, en France, dans l’accent dit « marseillais » ou « pointu ».
À l’époque contemporaine, certains lecteurs de Maria Valtorta, craignant que l’utilisation du terme Jéhovah nuise à l’Œuvre par amalgame avec les « Témoins de Jéhovah », ont préféré utiliser le terme Yahvé, ce qui est une interprétation, mais non pas un contresens.

 Le nom divin dans l’œuvre de Maria Valtorta.     

Dans le Livre d’Azarias [1]Fête du Christ-Roi, 20ème dimanche après la Pentecôte, p. 271., l’ange confirme le terme originel de « Jéhovah » lorsqu’il explique le nom hébreu de Jésus « Yehoshua » :

Étant Jésus Christ, a-t-il cessé d’être Dieu ? Non, il n’a pas cessé de l’être, mais il est allé jusqu’à assumer la nature humaine, devenant vraiment homme pour pouvoir être le Sauveur, c’est-à-dire Yehoshua [2]Le texte italien orthographie : Jeos(c)iuà..
Les savants expliquent que cela signifie Sauveur. Mais, mon âme, cela veut aussi dire quelque chose de bien plus puissant ! Contemple et compare le nom du fils de Marie avec le nom de Dieu tel que le disaient les Hébreux. Ils ont la même racine pour signifier la même origine et la même nature. Jésus veut donc dire Dieu, encore Dieu. Et il veut aussi dire Sauveur par sa seconde partie: Oshua [3]Le texte italien orthographie : os(c)iuà.. Toutefois, son ascendance, plus précisément son origine en Dieu le Père, est confirmée par la racine du nom.

Yehoshua est la contraction de « Yeho » (יְהוֹ) qui représente le nom de Dieu dans ses deux premières syllabes (יהוח) et de « shua » (שוע) signifiant « un cri à l’aide ! » c’est-à-dire un cri lancé par quelqu’un qui demande d’être secouru.
Dans l’œuvre de Maria Valtorta Jéhovah, sous ses différentes formes, est employé dans 39 chapitres. Maria Valtorta note même la prononciation de Jésus :

« Voici que les trompettes annoncent que l’heure est arrivée. Allons avec vénération louer Geové. » (Jésus prononce ainsi, avec le «g» qui devient long : un Sgiéveee très chantant, avec les derniers «e» très ouverts comme si c’était «a» alors que celui qui suit le «g» est très fermé) (EMV 197).

C’est une prononciation proche qu’utilise un habitant d’Ascalon en parlant de Dieu :

Je sais qu’il existe et qu’il s’appelle Jéové (EMV 218).

Judas, se parjurant, donne aussi une indication :

« Je le jure sur Jéhovah ! » et il prend un teint terreux en prononçant ainsi le nom de Dieu, Il tremble, il balbutie, il ne sait même plus le dire comme on le prononce d’ordinaire. Il semble dire un j, une h, un v très traîné, je dirais terminé en aspiration. Je le reconstituerais ainsi : Jeocvèh, En somme sa prononciation est étrange (EMV 535).

Pour reconstituer les prononciations, il y a lieu de se référer à l’italien, la langue de Maria Valtorta.
L’Esprit saint, dans ses commentaires de l’Apocalypse [4]Les cahiers n° 121 et 122 comportent des commentaires de certains passages de l’Apocalypse et ferment la longue série des cahiers autographes de Maria Valtorta. À la différence des cahiers précédents, les dates de rédaction ne sont pas indiquées autrement que de façon sommaire sur le frontispice des deux cahiers. En outre, le texte n’est pas introduit par l’habituel « Jésus dit″ accompagné de la précision de l’Auteur divin. Il n’est donc pas mentionné et ne parle pas à la première personne comme dans les « dictées″. décrit la genèse du Nom Divin et sa signification. Il confirme, avec la Tradition, la prononciation originelle, Jéhovah. Il motive sa détérioration par les usages de l’époque :

“Celui qui est″ est l’ancien Nom de Dieu, celui par lequel Dieu s’est désigné à Moïse sur la montagne, celui que Moïse a enseigné à son peuple pour qu’il puisse nommer Dieu. Toute l’éternité, la puissance et la sagesse de Dieu étincellent dans ce nom.
Celui qui est : l’éternité: Dieu n’a pas eu de passé, il n’aura pas de futur Il est éternel présent…
Celui qui est : la puissance infinie. Quelle chose ou quelle personne pourrait exister par elle-même, à partir de rien? Aucune…
Celui qui est : la sagesse la plus parfaite, incréée, qui n’a pas eu besoin d’autoformation ni de la formation de maîtres pour exister. […]
“Celui qui est″, cet ancien nom de Dieu fut rapidement remplacé par un autre : Adonaï, sous l’effet d’un excès de vénération créé spontanément dans l’esprit des hommes conscients de leur condition d’êtres déchus de la grâce et méritant la sévérité de Dieu; c’était en effet l’époque où, pour les hommes, Dieu était le Dieu terrible du Sinaï, le Juge prêt à se venger. Ce nom d’Adonaï, tant à cause des différences de prononciation observables de région à région dans toutes les nations et à toute époque, que parce qu’il était employé trop rarement suite à une application trop intégrale du commandement: « Tu n’invoqueras pas en vain le Nom du Seigneur ton Dieu », provoqua une altération de la prononciation initiale : « Jéhovah ». Il conserva cependant cette prononciation initiale en Galilée, où l’Emmanuel allait passer la quasi-totalité de sa vie de Dieu parmi les hommes, selon son nom prophétique d’Emmanuel, et d’où il allait circuler pour répandre la Bonne Nouvelle, lui qui était la Parole de Dieu faite homme, enfin pour entreprendre sa mission de Sauveur et de Rédempteur qui devait s’achever sur le Golgotha.
Dans le nom de Fils de Dieu fait homme, dans le nom que Dieu lui-même imposa à son Fils incarné et que l’ange des heureuses annonces avait communiqué à la Vierge immaculée, se trouve, pour qui sait lire et comprendre, un écho de ce nom [5]Jésus = Yehoshuah est à rapprocher de Yehovah. Les deux noms font apparaître une partie commune : YEHO..AH : c’est pratiquement le nom divin.; la Parole qui le portait enseigna de nouveau aux siens le vrai mot — Jéhovah — pour désigner Dieu, pour désigner le Père dont le Fils est engendré et desquels procède l’Esprit Saint. Il en procède pour engendrer, le moment venu, le Christ sauveur dans le sein de la Vierge [6]Commentaires de l’Apocalypse, Les Cahiers de 1945 à 1950, page 546 et suivantes.

 

Notes   [ + ]

1. Fête du Christ-Roi, 20ème dimanche après la Pentecôte, p. 271.
2. Le texte italien orthographie : Jeos(c)iuà.
3. Le texte italien orthographie : os(c)iuà.
4. Les cahiers n° 121 et 122 comportent des commentaires de certains passages de l’Apocalypse et ferment la longue série des cahiers autographes de Maria Valtorta. À la différence des cahiers précédents, les dates de rédaction ne sont pas indiquées autrement que de façon sommaire sur le frontispice des deux cahiers. En outre, le texte n’est pas introduit par l’habituel « Jésus dit″ accompagné de la précision de l’Auteur divin. Il n’est donc pas mentionné et ne parle pas à la première personne comme dans les « dictées″.
5. Jésus = Yehoshuah est à rapprocher de Yehovah. Les deux noms font apparaître une partie commune : YEHO..AH : c’est pratiquement le nom divin.
6. Commentaires de l’Apocalypse, Les Cahiers de 1945 à 1950, page 546 et suivantes