La liturgie (ou louanges) des Heures, autrement appelée Office divin, est la prière publique de l’Église qui, aux côtés de l’Eucharistie “loue sans cesse le Seigneur et intercède pour le salut du Monde entier”.

Le Christ Jésus, assumant la nature humaine, a introduit dans notre exil terrestre cet hymne qui se chante éternellement dans les demeures célestes. Il s’adjoint toute la communauté des hommes et se l’associe dans ce divin cantique de louange [1]Paul VI, Constitution sur la sainte liturgie (Sacrosanctum concilium), chapitre IV : l’office divin, 4 décembre 1963..

Cet office divin a donc été introduit par le Christ lui-même. Ce dont témoigne l’Oeuvre de Maria Valtorta. Elle confirme ce que Paul VI proclame dans sa Constitution sur la sainte liturgie :

L’office divin, d’après l’antique tradition chrétienne, est constitué de telle façon que tout le déroulement du jour et de la nuit soit consacré par la louange de Dieu [2]Ib°, § 84..

“Sans moi, vous ne pouvez rien faire”

Cette Liturgie des Heures s’adresse principalement aux prêtres, religieux et religieuses qui mettent ainsi pratique l’exhortation de saint Paul : “Priez sans relâche [3]1 Thessaloniciens 5, 17” car le Seigneur seul peut assurer l’efficacité et le progrès de l’œuvre à laquelle ils travaillent, lui qui a dit : “Sans moi, vous ne pouvez rien faire [4]Jean 15, 5”.

Le Bréviaire contient les prières de l’Office divin. Cette liturgie des Heures a été actualisée par les Pères conciliaires. La Constitution sur la sainte liturgie (Sacrosanctum concilium) qui aborde le sujet dans son chapitre IV  a donné lieu, par la suite, à la Présentation générale de la Liturgie des Heures, une publication spécifique de la Congrégation pour le Culte divin, éditée le 2 février 1971.

Cette “louanges des Heures” est destinée à devenir la prière de tout le Peuple de Dieu [5]Catéchisme de l’Église catholique (CEC), § 1174.. Les laïcs sont donc invités à y participer [6]Ib°., “selon leur place propre dans l’Église et les circonstances de leur vie”. Le Catéchisme de l’Église catholique la mentionne parmi quelques rythmes quotidiens de prières : “la prière du matin et du soir, avant et après les repas, la Liturgie des Heures [7]Catéchisme de l’Église catholique § 2698.”.

L’organisation de la Liturgie des Heures.

Cette liturgie en laquelle “le Christ lui-même continue à exercer sa fonction sacerdotale” est publique. À cette fin, l’Association épiscopale liturgique francophone (AELF) publie sur son site les textes proposés à la liturgie quotidienne. Les sept temps de prières proposés sont : Laudes, Tierce, Sexte, None, Vêpres et Complies auxquels se rajoute la messe.

Pour comprendre les termes employés, il faut se souvenir que la liturgie suit la division hébraïque de la journée : elle commence à 18 heures et se divise en douze heures de nuit et douze heures de jour. Ceci explique que le shabbat commence le vendredi soir, mais aussi que la messe anticipée du dimanche a lieu le samedi à partir de 18 heures (sauf dérogation).

Dans les appellations utilisées ci-dessus, Tierce correspond donc à 9 heures du matin (3 heures après le début du jour à 6 heures) et None à 15 heures (6 + 9). C’est l’heure de la mort du Christ.

Cet usage ancien, que Maria Valtorta fait remonter au Christ lui-même (voir ci-dessous) a donné forme à plusieurs traditions dont la plus complète, et souvent la plus connue, est celle des moines, codifiée dès 530 par la règle de saint Benoît :

  • Vigile ou Mâtines [8]L’heure “matinale” donne une particulière saveur à la célèbre comptine qui chante “Frère Jacques, dormez-vous ? Sonnez les matines ! “. : Prières vers 2 heures du matin.
  • Laudes : à l’aube (vers 6 heures). Il lui est parfois adjoint l’heure de Prime rendue facultative par la réforme liturgique.
  • Tierce : à 9 heures ou avant la grande messe.
  • La messe.
  • Sexte : à midi environ.
  • None : à 15 heures environ.
  • Vêpres : au début de soirée (vers 17 ou 18 heures).
  • Complies : le soir, avant le coucher du soleil. C’est à cette heure que l’on récite le “Nunc dimitis” ou prière du vieillard Siméon qui venait de voir et de toucher le Messie qu’il attendait selon Luc 2, 29 :

Maintenant, Seigneur, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix; car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël.

Tous ces éléments étant rappelés, on peut mieux comprendre toute la richesse de la vision de Maria Valtorta dans laquelle Jésus explique à Marziam, le jeune disciple prodige, la louange des heures.

La Liturgie des Heures dans l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

“Dis-moi comment tu pries, pourquoi tu pries ?” demande Marziam à Jésus [9]EMV 292..

“Certainement je vais te le dire. Ainsi tu prieras avec Moi. La journée c’est Dieu qui la donne, toute entière, celle qui est lumineuse comme celle qui est sombre : le jour et la nuit. C’est un don de vivre et d’avoir la lumière. C’est une sorte de sanctification la manière dont on vit. N’est-ce pas ? Alors il faut sanctifier les moments du jour entier pour se garder dans la sainteté et garder présent à notre cœur le Très-Haut et sa bonté, et en même temps retenir au loin le démon.

Laudes :

Observe les oiseaux : au premier rayon du soleil, ils chantent, ils bénissent la lumière. Nous aussi nous devons bénir la lumière qui est un don de Dieu, et bénir Dieu qui nous la donne et qui est Lumière. Le désirer dès la première clarté du matin comme pour mettre un sceau de lumière, une note de lumière surtout le jour qui s’avance, pour qu’il soit tout entier lumineux et saint, et s’unir à toute la création pour chanter l’hosanna au Créateur.

Tierce :

Puis, quand les heures passent, et à mesure qu’elles passent, elles nous apportent la constatation de ce qu’il y a de douleur et d’ignorance dans le monde : prier encore pour que la douleur soit soulagée, que l’ignorance disparaisse, et que Dieu soit connu, aimé, prié par tous les hommes qui, s’ils connaissaient Dieu, seraient toujours consolés, même dans leurs souffrances.

Sexte :

Et à la sixième heure (midi), prier pour l’amour de la famille, goûter ce don d’être unis avec ceux qui nous aiment. Cela aussi est un don de Dieu. Et prier pour que la nourriture ne passe pas de son caractère d’utilité à celui d’occasion de péché.

Vêpres :

Et au crépuscule prier en pensant que la mort est le crépuscule qui nous attend tous. Prier pour que le crépuscule de notre journée ou de notre vie s’accomplisse toujours avec notre âme en grâce.

Complies :

Et quand les lampes s’allument, prier pour remercier du jour qui s’achève et pour demander la protection et le pardon afin de se livrer au sommeil sans craindre le jugement imprévu et les assauts du démon.

Vigile ou Mâtines :

Prier enfin pendant la nuit – mais ceci est pour ceux qui ne sont pas enfants – pour parer aux péchés des nuits, pour éloigner Satan des faibles, pour que chez les coupables survienne la contrition avec la réflexion et de bonnes résolutions qui deviendront réalités au lever du jour. Voilà comment et pourquoi prie un juste pendant toute la journée.”

None :

“Mais tu ne m’as pas dit pourquoi tu t’abstrais, si sérieux et imposant,  à l’heure de none (15h) …”

“Parce que… Moi, je dis : “Que par le Sacrifice de cette heure vienne ton Règne dans le monde, et que soient rachetés tous ceux qui croient en ton Verbe”. Dis-le toi aussi…”

“Quel sacrifice est-ce ? L’encens, tu l’as dit, s’offre matin et soir. Les victimes à la même heure, chaque jour, sur l’autel du Temple. Les victimes ensuite pour les vœux et l’expiation s’offrent à toutes les heures. La neuvième heure n’est pas indiquée pour un rite spécial.”

Jésus s’arrête et prend l’enfant avec les deux mains. Il le soulève en le tenant en face de Lui, et comme s’il récitait un psaume, le visage levé, il dit :

“Et entre la sixième et la neuvième heure, Celui qui est venu comme Sauveur et Rédempteur, Celui dont parlent les prophètes, consommera son Sacrifice, après avoir mangé le pain amer de la trahison et donné le doux Pain de la Vie, après s’être pressé Lui-même comme la grappe dans la cuve, après avoir désaltéré avec tout Lui-même les hommes et les plantes, et s’être fait une pourpre royale avec son sang et avoir ceint la couronne et pris le sceptre et transporté son trône sur un haut lieu pour être vu par Sion, Israël et le monde. Élevé dans le vêtement pourpre de ses plaies innombrables, dans les ténèbres pour donner la Lumière, dans la mort pour donner la Vie, il mourra à la neuvième heure et le monde sera racheté”.

Dans le Catéchisme de l’Eglise catholique :

  • CEC § 1174 à 1178.
  • CEC § 1437.
  • CEC § 2698.

Notes   [ + ]

1. Paul VI, Constitution sur la sainte liturgie (Sacrosanctum concilium), chapitre IV : l’office divin, 4 décembre 1963.
2. Ib°, § 84.
3. 1 Thessaloniciens 5, 17
4. Jean 15, 5
5. Catéchisme de l’Église catholique (CEC), § 1174.
6. Ib°.
7. Catéchisme de l’Église catholique § 2698.
8. L’heure “matinale” donne une particulière saveur à la célèbre comptine qui chante “Frère Jacques, dormez-vous ? Sonnez les matines ! “.
9. EMV 292.